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IRRÉVERSIBLE - INTERVIEW EXCLUSIVE DE JO PRESTIA

 
Son personnage, le Ténia, est un des plus beaux "bad guy" de l'oeuvre de Gaspar Noé. Ce dernier l'avait d'ailleurs lui-même qualifié de "méchant le plus terrifiant du cinéma français"...
C'est une vraie "gueule" du cinéma hexagonal. On pourrait dire de lui qu'il a la gueule de l'emploi, que son physique fait froid dans le dos... Que pour rien au monde, on ne voudrait croiser son personnage dans un tunnel...
Mais il ne faudrait pas que l’arbre cache la forêt, et que l’essentiel nous échappe : ce serait passer à côté d'un gars épatant, talentueux et à des années lumières des rôles qui lui collent à la peau. Car ce gars-là a un sourire aussi redoutable que ses poings...
Interview exclusive (pour le Temps Détruit Tout) avec un grand comédien : Jo Prestia. (Cette interview sera aussi disponible sur le site dédié à Jo : http://www.samouraitv.com/pagesperso/bas.php?nom=joprestia)
 
Jo Prestia
 
Autographe de Jo pour Stéph et Fréd
 
JO PRESTIA : L'INTERVIEW (18/01/04) par Stéph, Fréd et Philou
(Toutes les photos font partie de la collection personnelle de Jo Prestia)
 
 
— Comment et pourquoi passe-t-on du sport de haut niveau au cinéma ?

Sans doute, comme une revanche sur les quelques aléas de la vie. Je crois que j’ai toujours eu le besoin de prouver des choses, de sortir de ma condition et de me dépasser.
La boxe m’y a aidé et m’a apporté une force, une paix intérieure et la reconnaissance nécessaire à mon épanouissement.
A la fin de ma carrière de boxeur, j’ai compris une chose : il était hors de question pour moi de devenir passif et de subir le désir des autres. Je me suis donc évertué à poursuivre le chemin que je m’étais tracé.
Je voulais exister encore et me lancer de nouveaux défis.
Le cinéma m’est alors apparu comme une évidence. Certes, l’apprentissage n’a pas toujours été facile, mais aujourd’hui, avec un peu plus de maturité dans le travail, et de conscience, j’y éprouve un bonheur de plus en plus intense.
 
— Quels en sont les avantages et les inconvénients ?

C’est toujours sympa d’être reconnu par les gens, les petites attentions, tout ça. Ce que j’aime par dessus tout, c’est qu’on m’apprécie pour la qualité de mon travail, même si par nature, je suis plutôt discret. Ça me procure une certaine jubilation intérieure.
 
— Pensez-vous que, comme le cinéma, la boxe Thaï/le Kick Boxing peuvent être un exutoire face à la violence ?

Hé bien, la boxe Thaï et le sport en général permettent de se débarrasser de cette violence que chacun a en soi, de canaliser son énergie et d’apprendre le respect de l’autre.
 
Jo et la boxe
 
— Vous avez plutôt une image d’homme fort au cinéma. Seriez-vous prêt à la casser et si oui, jusqu’à quel point ?

Ce serait bien que les réalisateurs aient un peu plus d’imagination et ne me cantonnent pas à des rôles violents et caricaturaux mais je comprend qu’avec ma tronche et ma carrière, ils aient des difficultés à me faire jouer des rôles où je dois compter fleurette, et pourtant…
Ceci dit, je pense que c’est à moi de réussir à prouver que je peux faire autre chose. Vous voyez : encore quelque chose à prouver… J’y travaille.
Aujourd’hui, je commence à travailler un peu plus en sensibilité et en émotion. J’ose espérer qu’un jour, un réalisateur me donnera la chance de servir des personnages bien plus fouillés. Je sais que ça va arriver, j’en suis sûr.
 
— Que retenez-vous des cours pris avec un professeur de l’Actors Studio ?

Quand je suis arrivé dans les cours de Jack Waltzer, j’avais l’impression de débarquer sur une autre planète. Jack m’avait fait passer une audition, j’étais nul mais lui pensait que j’avais un potentiel et qu’il m’aiderait à l’exploiter.
Pendant les séances de travail, j’ai, souvent, eu envie de partir en courant, mais je me suis accroché, j’ai commencé a me connaître a me lâcher doucement et finalement quand on comprend bien les choses et qu’on se les approprie, cela procure un plaisir immense.
 
— Cela vous donne t-il l’envie de prolonger votre carrière sur les planches ?

J’ai déjà fait une expérience sur les planches et j’ai adoré. Je n’hésiterai pas à renouveler l’expérience. Le plus dur, c’est de trouver la bonne pièce qui donne envie de s’investir a fond.
 
— Avec quels acteurs et réalisateurs aimeriez-vous travailler ?

Je pense que la liste serait longue pour les citer tous, mes goûts sont assez variés pour les réalisateurs. En France, ça peut aller de Agnès Jaoui dont j’adore particulièrement l’univers, à des réalisateurs plus près de ce que je maîtrise mieux comme Jan Kounen.
Pour les acteurs, j’ai envie de travailler avec les meilleurs.
 
Vincent Cassel et Jo

— Comment avez-vous connu Gaspar Noé ?

Sans que l’on se connaisse, Gaspar avait parlé de moi dans une émission sur canal, Nulle Part Ailleurs. Il avait vu le film de Éric Zonca, le Petit Voleur.
Apparemment ça l’avait marqué. Il m’avait qualifié de « méchant le plus terrifiant du cinéma français ». Ça m’a plu. Si je dois faire le méchant dans les films, autant que je sois le meilleur.
 
— Comment a-t-il porté son choix sur vous pour le rôle du Ténia ?

C’était en plein été, Gaspar m’a téléphoné pour me demander si je partais en vacances. Je lui ai dit : « Oui, mais donne-moi une bonne raison pour ne pas partir ». Il m’en a donné une et je suis resté.
Un peu de préparation et le tournage a commencé très peu de temps après.
 
Le Ténia face à Alex
 
— Quelle a été votre première impression concernant votre personnage ?

Je ne me suis pas rendu compte de ce que ça pouvait représenter. J’étais content de travailler avec Gaspar et je ne me suis pas posé de question.
Ensuite, la première fois que je me suis vu à l’écran, j’étais choqué. J’étais loin de m’imaginer que c’était si terrible. En fait, je me suis bluffé moi-même.
Par la suite, j’étais content de mon travail, et quand les gens m’insultaient lors des projections, je prenais ça pour un compliment.
 
— Pouvez-vous nous raconter votre première rencontre (en ce qui concerne Irréversible) avec Gaspar Noé ?
 
Je l’ai rencontré dans une soirée. Il est venu me voir et on a parlé. Je n’avais vu aucun de ses films. Je le lui ai dit.
Quelques jours après, il ma envoyé une cassette. J’ai ensuite vu tous ses films.
 
— Durant le tournage, quelles étaient les directives de Noé ?

On avait beaucoup parlé avant et répété les placements et les mouvements de caméra. Tout était bien orchestré. On savait ce qu’on avait à faire, toute la difficulté du travail c’était de rendre cette scène crédible tout en faisant attention à Monica. Gaspar était assez tranquille, il venait me donner ses directives et me laissait faire.
 
L'affiche italienne d'Irréversible : sans concession et Jo en vedette !
 
— Comment avez-vous vécu le tournage de vos scènes (le viol et le Rectum) ?

Je crois que je ne m’étais jamais autant vidé, physiquement et psychologiquement, sur un tournage.
La difficulté, c’était de se lâcher complètement dans cette violence tout en essayant de maîtriser les contraintes du jeu devant la caméra. Il fallait allier vérité et précision, ce fut très éprouvant mais très enrichissant.
Le Rectum, c’était une ambiance vraiment spéciale, mais bon chacun s’amuse comme il veut.
 
— Quelle est l’importance du Ténia dans votre carrière ?

Après le petit voleur d’Eric Zonca, Irréversible a confirmé que j’étais capable de jouer les méchants dans un film, mais je dois encore prouver encore et toujours que je peux faire autre chose, je sais que j’y arriverai et plus vite qu’on ne le croit.
  
Jo dans les Rivières Pourpres 2
 
 
Un grand merci à Jo pour sa gentillesse, sa disponibilité et sa patience.
 
 
 
FORMATION
 
2004                 Pierre Paolo Blanc Coaching individuel
2003                 Stage Patricia Sterling - immédiateté dans le travail de comédien
1997 – 1998      Stage PYGMALION avec Pascal LUNAUD
1993 – 1996      Stage Jacques WALTZER – ACTOR’S STUDIO
1985                 Champion de France de boxe thaïlandaise
1987-88-89       Champion de France de boxe thaïlandaise
1990-92-93       Champion du Monde de boxe thaïlandaise
 
 
FILMOGRAPHIE

CINÉMA
« 36 » (décembre 2004)   de Olivier Marchal
« CALVAIRE » (fin 2004)   de Fabrice Du Welz (SELECTION Semaine de Critique,Cannes 2004)
« AGENTS SECRETS »   de Frédéric SCHOENDOERFFER
« GRANDE ECOLE »    de Robert Salis (COMPETITION Festival Rotterdam 2004)
« LES RIVIERES POURPRES 2 »  de Olivier DAHAN
« LOVELY RITA.COM »   de Stéphane CLAVIER
« LIVRAISON A DOMICILE »  de Bruno DELAHAYE
« FUREUR » de Karim DRIDI
« IRREVERSIBLE »   de Gaspar NOE (COMPETITION Cannes 2002)
« LE LABYRINTHE »   de Pierre COURREGE
« FEMME FATALE »   de Brian DE PALMA
« REQUIEM »    d'Hervé RENOH
« YAMAKASI »    de Julien SERI (Luc Besson)
« GREGOIRE MOULIN CONTRE L'HUMANITE » d’Artus de PENGUERN
« LES MORSURES DE L'AUBE »  d’Antoine DE CAUNES
« TOTAL WESTERN »   de Eric ROCHANT
« CHILI CON CARNE »   de Thomas GILOU
« LIGNE 208 »     de Bernard DUMONT
« LA VIE REVEE DES ANGES »  de Eric ZONCA (COMPETITION Cannes 1998)
« LES DECLASSES »   de Tony BAILLARGEAT
« CANTIQUE DE LA RACAILLE »  de Vincent RAVALEC
« LOUISE »    de Siegfried
« SALUT COUSIN !»   de Merzak ALLOUACHE
« HEY JOE »    de Franck COQUELET, court métrage
« RAI »     de Thomas GILOU
« COUP DOUBLE »    de Bruno DELAHAYE, court métrage
« FRERES »    de Olivier DAHAN

COURT-METRAGE 
« VENDETTA »    de Richard AUJARD
« PETITS RIENS »   de Xavier Duringer

THÉÂTRE 
« FOOTEUR DE MERDE »   de Grégoire AUDEBERT
« CELUI QUI DIT QUI FAIT »  de Philippe PILLON

TÉLÉVISION 
« QUAI N°  1 »    de Patrick JAMAIN
« LISA ET SIMON »   de Alain TASMA
« LE PETIT VOLEUR »   de Eric ZONCA  (Prix du film international)
« COMMISSAIRE MOULIN »   de Yves RENIER
« NAVARRO »    de Patrick JAMAIN


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