“Making a film is difficult, but making a great film is an almost impossible task.”
This quote from Spielberg is perhaps not completely accurate, but that’s how I remember it. However, some examples of great films do exist, including the film which had such an influence on my existence: 2001, A Space Odyssey. Without professing to be able to create such a masterpiece, trying to make a film that is, at the same time, a large-scale entertainment, suitable for adults and complex in cinematic terms, is one of the most exciting undertakings one could wish to tackle. And if one does not set out with the aim of making a great film, one can be sure that it will not turn out to be one.
Few of the arts can satisfy man’s need to be uplifted as immediately as film. And none (except interactive video games) can yet reproduce the maelstrom of our states of perception and consciousness.
In the past, certain films have tried to adopt the subjective point of view of the main character. enter the void will try to improve upon its predecessors and accompany the hero just as much in his normal state of awareness as in his altered states: the state of alertness, the stream of consciousness, memories, dreams...
The visions described in the script are inspired partly by the accounts of people who have had near-death experiences, who describe a tunnel of light, seeing their lives flashing past them and ‘astral’ visions, and partly by similar hallucinatory experiences obtained by consuming DMT, the molecule which the brain sometimes secretes at the moment of death and which, in small doses, enables us to dream at night.
The film should sometimes scare the audience, make it cry and, as much as possible, hypnotise it.
In recent years, films with labyrinthine structures have proved the audience’s ability to follow storylines in the form of a puzzle, and its desire to move away from linear narration.
But a complex form where the content does not move the spectator in any way would only amount to mathematic virtuosity. Whereas this film is above all a melodrama: the universal melodrama of a young man who, after the brutal death of his parents, promises that he will protect his little sister no matter what and who, sensing that he himself is dying, fights desperately to keep his promise. A film where the life of one person is linked to the love he has for another human being.
The reason for choosing the most modern areas of Tokyo as a setting is to further emphasize the fragility of the brother and sister by propelling them like two small balls in a giant pinball machine made up of black, white and fluorescent colours.
My previous two films, which were far less ambitious, were once described by a critic as being like roller coasters playing with the most reptilian desires and fears of the spectator. enter the void, whose themes and artistic choices will be far more varied and colourful, should, if I succeed, be the Magic Mountain which I, as a spectator, dream of riding on." Gaspar Noé
ENTER THE VOID : TECHNICS & SFX (work in progress) see BUF
« Je n’ai jamais trop regardé de films en étant défoncé. Il se trouve que j’ai découvert par hasard à la télé la Dame du lac de Robert Montgomery, un film de 1947 entièrement en vision subjective, en étant décalqué aux champignons. Un souvenir marquant parce qu’on a la tête qui rentre dans la télé, qui est elle-même le cerveau du type. Il y a quelques films qui reproduisent très bien des états altérés de conscience, des films sous LSD, Inauguration of the Pleasure Dome de Kenneth Anger (1954), les plans de trip dans la troisième partie de 2001 ou Au-delà du réel de Ken Russell (1980). Le panel d’images possibles est vaste, pas toujours convaincant, c’était difficile de faire quelque chose qui ne ressemble pas aux fonds d’écran Macintosh ou des fractales destinées à être projetées dans les boîtes techno. On savait, à travers les films expérimentaux des frères Whitney [pères de l’animation par ordinateur], qu’on pouvait tendre vers quelque chose d’élégant et qui ne soit pas kitsch. C’est drôle parce que ce film qui ne parle que de défonce a été fait par des gens clean, parce qu’au Japon la police ne rigole pas avec la drogue, donc il y avait une consigne stricte pendant le tournage : no drug ! J’étais tellement fatigué par le travail que je finissais quand même par avoir des hallucinations. Mais le cinéma est de toute façon un moyen pour moi de jouer avec les frontières de la perception, un grand huit émotionnel où on cherche à se mettre dans des états pas possibles. » Gaspar Noé (Libération)
« Enter the Void est de tous mes films celui qui est le plus proche de ma vie, ou de ce qu’elle était quand j’avais 20 ans, j’ai même pensé appeler le personnage principal Gaspar. Comme Oscar, j’ai une sœur, j’ai eu gamin un accident de voiture, heureusement sans gravité, mais qui est resté un truc traumatique. Et dans mes rêves ou mes souvenirs, je me vois toujours de dos en amorce. Contrairement à Seul contre tous ou Irréversible, ici aucun personnage n’incarne le Mal, il n’y a que des gens blessés ou qui rament. Oscar veut juste sortir en boîte tous les soirs, se droguer et tirer des coups. Je connais plein de gens comme lui… [...]Tout le délire autour du Livre des morts tibétains date pour moi de l’époque où je faisais mes études de cinéma entre 17 et 19 ans, j’avais lu notamment le livre d’Alexandra David-Néel, Immortalité et réincarnation, c’était une époque où j’avais furieusement envie de sortir de mon corps par tous les moyens possibles, ce qui ne s’est jamais produit. Le scénario de ce film a été écrit et réécrit pendant plus de quinze ans, sans cesse repoussé, notamment pour des questions de financement. Il faisait plus de cent pages avec différentes couleurs pour marquer les différentes strates de récits entre présent, flash-back, flottement post mortem ; il était très fouillé pour que les gens puissent imaginer ce qu’on verrait à l’écran. J’avais probablement en tête un film beaucoup plus sombre, mais la nature pratique du tournage ou la nature organique du film lui-même d’ailleurs, à un moment, ça t’emmène ailleurs. A l’arrivée, le film est plus lumineux que ce que j’avais prévu, plus parfait techniquement aussi grâce au travail colossal réalisé par Pierre Buffin et son équipe d’effets visuels chez BUF. » Gaspar Noé (Libération)
« Parfois, tu écris un truc dans le scénario qui paraît super-simple comme "Dans l’avion, Oscar, bébé, tète le sein de sa mère en gros plan", et ça devient un enfer à tourner ! On était à Montréal dans un avion décortiqué en studio, on a fait venir cinquante Japonais ou Asiatiques de Montréal pour faire les passagers et trois bébés différents. Dès qu’on en posait un sur le sein de l’actrice, pourtant très belle, il n’y avait rien à faire, il hurlait. On a mis un petit tuyau avec le lait de leurs vraies mères dans une poire, placée sous le bras de l’actrice, mais ça ne marchait pas du tout. Les figurants n’en pouvaient plus, ils voulaient tous quitter l’avion, j’étais obligé de les retenir. On a fini par y arriver parce qu’on a déplacé un des bébés qui s’était endormi en tétant sa mère, on l’a placé dans les bras de l’actrice et en se réveillant il n’a pas compris qu’il avait changé de personne et il a instinctivement cherché le sein : on a capté le moment magique après cinquante prises ratées. » Gaspar Noé (Libération)
« La séquence du coït vu de l’intérieur représentait un autre moment décisif. C’était tel quel dans le scénario, l’esprit d’Oscar rentre dans le ventre de sa sœur et voit le sexe de son meilleur ami qui la pénètre. Autant vous dire que tout le monde était très inquiet. Je me suis posé la question de le tourner avec une vraie bite, la mienne en particulier, enfilée dans un faux vagin en latex, j’étais prêt à me sacrifier, et puis finalement c’est de la 3D, mais le graphiste a photographié sa bite et a plaqué les photos sur la structure numérique. On avait comme référence un film scientifique que j’avais vu par hasard, filmé avec une fibre optique retournée pendant l’acte sexuel. Du coup, on avait la bonne vitesse pour l’éjaculation et le mouvement des parois, c’était précieux pour le réalisme. Souvent les gens rigolent quand ils voient le plan, sauf au Japon avec une salle de 400 personnes tétanisées qui avaient l’impression d’avoir assisté à un truc illégal. D’ailleurs pour la sortie là-bas, ils vont flouter l’image comme ils le font pour les sexes dans les pornos. » Gaspar Noé (Libération)
“The moment when you know you’re dying is the moment when you come to a conclusion about what your life has meant. [...] Oscar reconsiders his past and sees that his life has meant almost nothing. In the end, everything has been very meaningless. I guess that’s why the movie is called Enter the Void. At the end, it’s all about emptiness. [...] Because of the camera’s perspective in this movie, there are times you see his body and hear his voice without always seeing his face. So actually I had thought I should find someone who wants to direct, who wants to participate in the process. When I met Nathan, he said that he wanted to study cinema and I immediately thought, He’s the perfect guy. [...] It’s impossible to have any kind of problem with Nathan on set. His positions are so perfect, and he is never shy. Everybody was amazed. Also, I think for someone who would become a director, this project was like film school. [...] This movie deals with death, but although it can seem to be the main subject, the only subject is life. [...] I don’t believe there is anything really like death; it is just non-being. The film is about someone considering his life at the moment he’s dying, but the important thing is, he’s considering life. I guess there are no notions of good or evil. There is just flesh or non-flesh. Either you’re part of the game of life. Or you’re not.” Gaspar Noé for V Magazine
Oscar et sa soeur Linda habitent depuis peu à Tokyo. Oscar survit de petits deals de drogue alors que Linda est stripteaseuse dans une boite de nuit. Un soir, lors d'une descente de police, Oscar est touché par une balle. Tandis qu'il agonise, son esprit, fidèle à la promesse faite à sa soeur de ne jamais l'abandonner, refuse de quitter le monde des vivants. Son esprit erre alors dans la ville et ses visions deviennent de plus en plus chaotiques et cauchemardesques. Passé, présent et futur se mélangent dans un maelstrom hallucinatoire.
Oscar and his sister Linda are recent arrivals in Tokyo. Oscar's a small time drug dealer, and Linda works as a nightclub stripper. One night, Oscar is caught up in a police bust and shot. As he lies dying, his spirit, faithful to the promise he made his sister - that he would never abandon her - refuses to abandon the world of the living. It wanders through the city, his visions growing evermore distorted, evermore nightmarish. Past, present and future merge in a hallucinatory maelstrom.
両親の死より離ればなれを余儀なくされたオスカーと妹のリンダ。今は日本に住み、オスカーはドラッグの売人、リンダはストリッパーをしている。ある夜、警察に撃たれたオスカー。彼の魂は体を離れ、愛する妹を見守るために彷徨い始める…
Réalisation : Gaspar Noé Scénario : Gaspar Noé Direction artistique des effets visuels : Pierre Buffin Supervision des effets visuels : Geoffrey Niquet Production des effets visuels : Nicolas Delval Photographie : Benoit Debie Caméra : Gaspar Noé Machinerie : Akira Kanno Assistants caméra : Yasushi Miyata, Jacques Bernier Assistant réalisation : Jimbo Hideaki, Toshio Hanaoka, Michael Williams Régie : Masahiro Hondo, Lucio Tomaro Montage : Gaspar Noé, Marc Boucrot, Jérôme Pesnel Sound Design : Ken Yasumoto Prise de son : Ryotaro Harada, Claude Lahaye Mixage : Lars Ginzel Effets sonores : Thomas Bangalter Supervision des décors : Marc Caro Décors : Kikuo Ohta, Jean Carrière Costumes : Tony Crosbie, Nicoletta Massone Production exécutive France : Olivier Thery Lapiney Coordination de production : Karine D'Hont Production exécutive Japon : Georgina Pope - Twenty First City Direction de production : Shin Yamaguchi Coordination de production : Masa Kokubo Production exécutive Canada : Suzanne Girard - BBR Production Direction de production : Jose Lacelle Production : Vincent Maraval & Brahim Chioua - Wild Bunch, Olivier Delbosc & Marc Missonnier - Fidélité Films, Pierre Buffin - Buf compagnie, Gaspar Noé - Les Cinémas de la Zone Coproduction : Philippe Bober - Essential Filmproduktion, Valerio de Paolis - Bim Distribuzione, Nicolas Leclerq - Paranoid Films Avec la participation de : Canal + Avec le soutien de : Eurimages, Ministère de la Culture et de la Communication, Centre National de la Cinématographie (CNC), Filmförderungsanstalt (FFA), Media Ventes internationales : Wild Bunch
Cast :
Year of production : 2007-2008
Filming dates : October 19, 2007 - December 15, 2007 (for Japan) ~~~ April/May 2008 - May 16, 2008 (for Canada)
Filming locations : Tokyo & Toho studio (Japan - 2007) - Montréal (Québec, Canada - 2008)
Language : English/Japanese
Business : €10,000,000
Runtime : France : 163 min (Cannes Film Festival) | 155 min (Toronto International Film Festival) | 156 min (Sitges Festival Internacional de Cinema de Catalunya - BFI London - Sundance Film Festival)
Aspect ratio : 2,35:1 - 35mm color
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