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IRRÉVERSIBLE - LES INFOS CANAL +

  INFOS CANAL +
@ Origine du projet

A l'origine, Gaspar Noé souhaite réaliser un mélodrame érotique à tout petit budget avec un vrai couple. Un soir de mai 2001, il croise Vincent Cassel dans une boîte de nuit et lui présente son projet. Séduit, le comédien propose une rencontre avec sa femme, Monica Bellucci. Noé leur parle alors de Stanley Kubrick, de "L'Empire des sens" de Nagisa Oshima ou encore de "La Fièvre dans le sang" de Elia Kazan. Au cours de cette entrevue, Monica Bellucci apprend qu'elle va tourner dans les suites de "Matrix" des frères Wachowski. Le film de Noé doit donc se tourner rapidement afin de libérer l'actrice dans les temps.


@ Les yeux grands fermés

Pressé par le temps, Gaspar Noé cherche des producteurs susceptibles d'accepter rapidement un tel projet, sans scénario mais avec un casting attirant. Le film se fait grâce à l'alliance de deux producteurs atypiques du cinéma français : Christophe Rossignon, via sa société Nord-Ouest Production, producteur d'œuvres variées que "La Haine" de Mathieu Kassovitz, "L'Odeur de la papaye verte" de Tran Anh Hung ou encore "Une hirondelle a fait le printemps" de Christian Carion, et Richard Grandpierre (Eskwad), à l'origine du renouveau du cinéma de genre made in France avec des films comme "Le Créateur" d'Albert Dupontel, "Les Morsures de l'aube" de Antoine de Caunes et "Le Pacte des loups" de Christophe Gans. Les succès rencontrés par ces deux hommes facilitent le montage financier du projet et la recherche d'un distributeur.


@ Un film de "viol et de vengeance"

Gaspar Noé se met au travail. Il écrit un premier synopsis autour de cette phrase : le temps détruit tout. Après lecture, Cassel et Bellucci renoncent à jouer des scènes érotiques explicites mais veulent quand même travailler avec le cinéaste. Celui-ci leur propose alors : "un film de "viol et de vengeance" comme "Mad Max" ou "Un justicier dans la ville" (…) plus violent que "Salo" et "Les Chiens de paille" réunis". Le couple accepte. Peu de temps après, un troisième personnage fait son apparition dans les récits de Noé. Albert Dupontel en sera l'interprète.


@ Conseil d'Oliver Stone

Avant de tourner, Gaspar Noé a l'occasion de rencontrer Oliver Stone. Au cours de la discussion, le cinéaste américain lui dit : "Sans scénario, tu ne t'en sortiras jamais. Le scénario est le phare qui te guide dans les ténèbres du tournage." Noé lui rappelle alors la maxime de Nietzsche en exergue du film "Conan le barbare" (1982) : "Tout ce qui ne tue pas l'homme le rend plus fort". Une phrase que Stone connaît bien pour avoir coécrit le scénario de ce film avec John Milius.


@ Consignes de tournage

Après seulement six semaines de préparation, le tournage de "Irréversible" débute le 15 juillet 2001, avec comme base de travail, une page rédigée par Gaspar Noé sur laquelle figure un canevas de 6 séquences à tourner en plan-séquence. Parmi les nombreuses consignes, pas de découpage et interdiction d'utiliser des projecteurs. Quant aux dialogues, ils seront improvisés pendant le tournage. Pour l'image, le réalisateur (qui cadre tout le film sauf les plans steadycam et grue) choisit le super 16, ce qui lui permet d'utiliser une caméra légère et très maniable, la Minima. L'image sera ensuite gonflée en 35 scope par voie numérique.


@ Scène de l'appartement

Le premier plan-séquence tourné est celui entre Vincent Cassel et Monica Bellucci dans leur appartement. Pas facile de débuter un tournage avec un tel plan, de 12 minutes, et deux comédiens complètement nus. A chaque prise, Cassel et Bellucci improvisent leurs dialogues, tout en respectant le fond souhaité par Noé. Ce dernier conserve longtemps la prise la plus drôle (comme il le fait pour la scène du métro avec Albert Dupontel) mais c'est finalement la plus sentimentale qui est insérée au dernier moment.


@ Scène du viol

La fameuse scène du viol, qui a fait coulé beaucoup d'encre, est tourné six fois sur deux nuits, avec une équipe réduite. Le tunnel est entièrement repeint en rouge et le sol est recouvert d'une mousse couleur béton. Entre chaque prise, Monica Bellucci et Jo Prestia, ancien champion du monde de Boxe Thaï remarqué chez Erick Zonca dans "La Vie rêvée des anges" et "Le Petit Voleur", bénéficient de deux heures de repos. "C'est la première fois que quand je joue une scène, et plus exactement celle du viol, j'ai beau savoir que c'est pour du faux, à la troisième et quatrième prise, je ne pouvais plus rentrer dans le tunnel sans avoir la gerbe, sachant ce qui va m'arriver." (Monica Bellucci, Première n°303)


@ Scène de la fête

Au montage final, Noé conserve une prise de cette scène où Vincent Cassel se présente comme "Vincent" et non "Marcus". Conscient du hic, le comédien rattrape habilement le coup en précisant qu'il blague.


@ Scène du club

La scène se déroulant dans le club Le Rectum s'avère difficile à tourner. Avec l'humidité des lieux, les trois sous-sols et le nombre de figurants, certains membres de l'équipe souffrent de claustrophobie, sensation que l'on perçoit nettement à l'écran. Pour le meurtre, Jean-Christophe Spadaccini, spécialiste des effets spéciaux maquillages ("Les Rivières pourpres", "Le Baiser mortel du dragon"), confectionne trois modèles hyper-réalistes du visage de la victime. Albert Dupontel est alors filmé par trois caméras et l'extincteur est agrandit numériquement.


@ Plans "psychotiques"

"Irréversible" est tourné dans l'ordre chronologique des faits racontés, à part la scène du parc, tournée plus tard. Au fur et à mesure que le tournage avance, Noé donne de moins en moins d'indications et ses mouvements de caméra sont de plus en plus "psychotiques". Chaque soir, il filme les décors vides, des plans totalement improvisés sur des murs, des éclairages urbains.


@ Effets spéciaux

Le tournage de "Irréversible" se termine le 30 août 2001. Gaspar Noé commence le montage du film, qu'il effectue lui-même. Le superviseur des effets spéciaux Rodolphe Chabrier et les équipes de Mac Guff commencent leur travail : raccorder les séquences de manière invisible, effacer ou camoufler les perches, les ombres et reflets de l'équipe technique mais aussi accentuer la violence de certaines images comme le sexe du Tenia créé de numériquement ou encore le sang de Monica Bellucci. Toutes les images (truquées ou non) sont transférées sur une station Flame en vu de la conformation du montage en vidéo haute définition. En tout, 1500 trucages numériques distillés dans 99 minutes de film.


@ La fin du film

Gaspar Noé termine un premier montage au début du mois d'octobre 2001. Pas encore satisfait, il se pose beaucoup de questions, surtout sur la fin du film. Il montre cette version au cinéaste Alain Cavalier qui lui conseille alors de réfléchir aux raisons qui l'ont poussé à la tourner. L'aspect sexuel recherché est-il présent ? Noé va jusqu'à mettre en boîte une scène évoquant "L'Origine du monde" de Courbet avec une doublure féminine, qui doit s'intercaler entre la scène d'amour et la scène du parc. Toujours hésitant, Noé ne trouve son épilogue qu'en février 2002 : une séquence de stroboscopie hypnotique et très éprouvante, qui affole un peu les producteurs et les distributeurs.


@ Musique de Thomas Bangalter

Gaspar Noé montre le film inachevé à Thomas Bangalter dont certains morceaux sont utilisés pendant la scène de la soirée. Intéressé par le projet, le membre fondateur des Daft Punk accepte de composer des musiques additionnelles. Régulièrement, il fournit aux équipes son des nouveaux morceaux et des sons qu'il maltraite littéralement. Masterisée en Angleterre, la bande originale du film est éditée sous le label du musicien, Roule. Primordiaux dans l'ambiance créée, les sons sont confiés à Marc Boucrot et Valérie Deloof, qui nettoient les prises directes, à Cyril Holtz qui s'occupe du montage parole. Pour la première moitié de son film, Noé demande des infra-basses très appuyées.


@ Promotion

Désireux de tout contrôler, Gaspar Noé effectue lui-même des recherches graphiques pour la promotion de son film. Un temps envisagée, l'accroche "la vengeance est un droit de l'homme" est finalement écartée. Pour la bande-annonce, Noé avoue s'être inspiré de celle de "In The Mood For Love" et casse le principe temporel du film.


@ 4 ans après "Seul contre tous"

"Irréversible" s'ouvre sur une discussion entre deux hommes dans une chambre d'hôtel. On reconnaît le boucher de "Seul contre tous", toujours incarné par Philippe Nahon, qui évoque son passé. L'homme qui l'écoute est quant à lui interprété par Stéphane Drouot, ami de Gaspar Noé et réalisateur de "Star Suburb : la banlieue des étoiles", un moyen métrage de science-fiction récompensé par un César en 1984.


@ Cannes 2002

Annoncé comme le scandale sur la Croisette, "Irréversible" est présenté en compétition officielle au Festival international du film de Cannes 2002. Gaspar Noé est un habitué des lieux, son court-métrage "Carne" ayant connu les honneurs de la sélection officielle en 1991 et son premier long "Seul contre tous" projeté dans le cadre de la Semaine de la Critique en 1998.


(source : www.canalplus.fr)




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