FRANKIE PAIN : SEULE CONTRE TOUS
Interview menée par Philippe Lowinski
Un visage jovial empreint d’une bonhomie évidente.
Un sourire charmeur et des yeux qui pétillent de malice.
Une chevelure que Casque d’Or n’aurait pas reniée.
Un corps généreux, voluptueux qui appelle la Maternité.
Voilà Frankie Pain.
Rien à voir avec la détestable matrone castratrice de « Carne » et « Seul contre tous », dont le personnage est à sa façon tout aussi odieux que celui du
boucher.
Qui se ressemble s’assemble.
Et ces deux-là étaient faits pour se rencontrer !
Il fallait un sacré talent pour donner vie à une telle mégère , sans sombrer dans la caricature.
C’est l’apanage des Grands que de parfaitement maîtriser les excès d’un rôle sans pour autant les gommer, et en conserver ainsi l’essentiel.
Frankie Pain est de cette trempe !
Samedi 29 août 19h00.
Mon téléphone sonne, c’est Frankie Pain.
La surprise est totale, car ma demande d’entretien est très récente.
Je suis ravi.
La voix est chaleureuse, le ton très enjoué voire passionné.
Le verbe est précis.
Chaque mot est ciselé comme une gemme, la diction est parfaite… à cela rien d’étonnant
Frankie Pain est Conteuse.
L'interview par Philippe Lowinski
• Vous êtes comédienne depuis 1972, et votre parcours artistique semble complet, puisque vous avez touché à tout : théâtre, télévision et cinéma.
Comment tout cela a-t-il commencé ?
Effectivement, je suis comédienne depuis 1972 … vous êtes bien renseigné Philippe !
En 1971, major de ma promotion en radiologie médicale, j’ai obtenu un poste au CHR de Bordeaux.
Libre de ces études, je pouvais me livrer à l’art dont j’avais toujours voulu intégrer les rangs.
Le Groupe 33 et le metteur en scène Jacques Albert-Canque m’accueillirent.
Et après une année d’expression contemporaine (mime, danse, techniques d’acteurs), je commençais très vite à jouer.
Cette compagnie semi-professionnelle faisait trois créations par an.
Nous n’étions pas soumis à un cahier des charges.
Notre salaire (pour chacun du groupe), venait de notre autre métier.
Nous avions un public fidèle, une place très honorable dans le théâtre bordelais et les festivals en Allemagne.
Frankie Pain au théâtre à Münich en 1975
Ainsi débutèrent mes années d’apprentissage.
Recherche, dramaturgie, écriture collective étaient notre mode de travail. C’était la friandise de la création dans les années post 68.
Nous abordions le texte proprement dit dans les derniers mètres avant les représentations.
Sans le savoir, cela me préparait au travail du long-métrage … lorsque tous les éléments du jeu sont rassemblés pour l’alchimie de toute une équipe … autour du mot ACTION !
Comment cette histoire a-t-elle commencé ?
Dans certains contes, les prédictions sont écrites comme dans « La Vouivre » de Jean-François Bladé, sur le bois du lit nuptial.
Pour moi, ce fut sur mon berceau … qui saura dire la légende ?
A six mois dans mon landau, je tournais avec ma mère « La foire aux femmes ».
Une expérience qui la toucha beaucoup et fut l’objet de nombreux commentaires dans ses rêveries à haute voix.
Ou l’engagement de mes parents dans le théâtre amateur du curé du village pour payer le voyage à Lourdes aux nécessiteux de miracles (mon premier long-métrage « Le miraculé
» de Jean-Pierre Mocky).
Ils jouaient les premiers rôles de Molière, de Marivaux et moi, ravie, je ne ratais pas une répétition.
J’adorais être là, assise sur les bancs de la salle des fêtes qui servait de marché couvert le mercredi.
A la maison, c’était « Qui a peur de Virginia Woolf » et sur scène « Les amoureux transits ».
Ce mystère de la Vie à la Scène a dû certainement être la première graine de mon désir pour l’art de l’interprétation.
L’amour du changement, de la métamorphose, l’amour des histoires.
D’un côté, une grand-mère « robeuse » (1) dans les châteaux de Vendée chez les royalistes.
Elle ne lâchait jamais son ouvrage, racontait ce monde des grandes réceptions, des parties de chasse et les travers d’une société brillante qui collectionnait des attitudes
pas toujours catholiques.
Tirés à quatre épingles, ils ne rataient pas un office.
Parfois, les châtelains et leurs bons amis jouaient de l’orgue le dimanche pour les chants en latin.
L’autre grand-mère, maîtresse-femme d’une grosse ferme, organisait les repas avec les domestiques, pour les amis et les journaliers qui effectuaient les travaux des
champs.
Alors, autour de la grande table, toutes ces mains occupées aux épluchures, aux farcis et conserves, racontaient les dernières nouvelles du village … parfois, on faisait des
blancs, des gestes pour ne pas dire et continuer l’histoire en ma présence ; et moi, j’étais au
« pétacle ».
Mon attrait pour les non-dits du langage, le non-verbal dans les films où je cherche au mieux d’être déliée, afin d’offrir à l’image cet autre langage et faire surgir les
strates des inconscients des personnages que l’on me confie.
J’aime les réalisateurs qui me font confiance.
Et quand le mot n’arrive pas tout de suite et qu’il survient après, c’est souvent cette prise qui pour moi est la bonne.
Je souris intérieurement lorsque mon partenaire me dit après la prise : « Alors ! Tu l’enchaînes le mot ! » … qui détient la vérité ???
A un moment, si je tiens les manettes, du mou m’est demandé … ou un craché.
On dirait surjouer, mais il y a des mots qui ne peuvent sortir que comme des balles ou un lâcher de rasoirs bien aiguisés.
• Votre parcours artistique semble complet.
Mon parcours artistique semble complet ?
Que Dieu vous entende !
Je devrais travailler beaucoup plus souvent que je ne le fais.
10 ans de théâtre, 20 ans de télévision et de cinéma.
J’ai touché à tout ?
Mais est-ce toucher ?
Je me suis roulée dedans comme dans les vagues de la mer, immergée, cela a fait corps avec ma vie.
C’est pour cela que je suis si grosse ! (Rires)
Cela prend de la place les alluvions du fleuve des rôles, le fantasme généré chez l’autre, la perte de repère que les autres n’ont pas de votre vraie identité.
Ce n’est pas très important qui on est (enfin !), sauf pour soi et les siens, cette intime famille à qui vous arrachez les tripes quand vous jouez les méchantes.
C’est pour cette raison que je me donne le devoir de le faire, uniquement lorsque c’est justifié, et non pour un effet GORE gratuit. Ou alors cela m’a échappé.
Comment cette histoire a-t-elle commencé Philippe ?
Voyez-vous, c’est facile après avoir parcouru un demi-siècle, de voir les enjambements.
Sans être une Lacanienne pure et dure (j’aime être une fidèle infidèle), on est en pleine école de la cause.
Quand on voit les choses à rebrousse-poil c’est facile, l’évidence même.
Un autre événement a été le moteur d’un grand déploiement d’imaginaire.
Mon père était au front pendant les cinq ans de la guerre d’Algérie dans un triangle djebel entre Bougie et Constantine …
Engagé dans l’armée pour nourrir sa famille.
Souvenirs d'Algérie
Agé, il avait été reçu à un engagement tardif dans l’infanterie de marine, grâce à ses activités dans le maquis pendant la guerre 39-45, et à la dernière année passée en
camp de concentration.
L’éducation des jeunes appelés Africains au Sénégal, même loin de son pays, était simple et agréable.
Il enseignait le français et la mécanique.
La mosquée de Sidi Soufi
Mais il fut rappelé pour cette horrible guerre d’Algérie (il ne s’en est d’ailleurs jamais remis, comme tous ceux qui l’ont faite ; à part ceux jouissant de
l’état de barbarie déployée en temps de guerre).
Eh bien nous, à la maison avec le reste de la famille, pour conjurer le pire, avec ma sœur ma complice, nous inventions des rituels.
Et en jouant aux osselets, suivant les résultats, nous imaginions devant la boîte à lettres les raisons de la quasi habitude d’absence de courrier et sans nous le dire, nous
manipulions le jeu pour détourner les horribles pronostiques.
Nous devions maintenir le rire, la gaieté dans une maison habitée par l’angoisse, l’absence, le silence et la mise en quarantaine à l’école à cause de la guerre d’Algérie ;
les gamins ne comprenaient rien, mais à l’écart nous étions.
Quand nous étions dans la même école avec ma sœur, c’était bien.
Mais quand elle était dans une autre école (ouille !) …
Eh bien j’ai résisté grâce à mon amour, déjà, des histoires, de la lecture.
Je restais dans la classe à la récréation.
Je lisais.
Pour les vacances, je revenais au village et je ravissais tous les gens avec mes mots.
Ils aimaient m’entendre, et pendant que les repas se préparaient à la ferme, je racontais aux journaliers des histoires.
Ils oubliaient la fatigue des champs, ils riaient de bon cœur, ils m’appelaient la Pompette (du nom des petites poules naines en Charente-Maritime).
Et dans le « queureux » (la cour de la ferme), le cercle s’élargissait.
Ma sœur, toujours ma secrétaire, à l’époque toujours fascinée de mes mots et inventions, écrivait ce que je racontais.
C’était commencé … et là, j’oubliais la douleur de la mise au silence de la cour d’école, les larmes de ma mère, ses colères créées par son angoisse de l’Algérie.
Et j’étais riche, riche de tout.
J’avais lu, imaginé, ce qui m’avais permis de tenir.
Et je voyais des visages heureux.
C’était commencé …
Après, c’est comme la construction d’une pyramide ; la vie a continué d’offrir les pierres qui m’ont amenée à 33 ans à dire : « oui ce sera mon métier ».
Après ces dix ans de pratique amateur, contenant aussi le conservatoire de Bordeaux et quelques travaux avec les compagnies bordelaises CDA, Fartov et Belcher, le
théâtre des Chimères à Bayonne, Paris s’imposait donc.
La peur au cœur, le courage vent-arrière, mon talent manifesté par le public était ma vaillance et mon audace.
• En lisant votre itinéraire, on s’aperçoit qu’il y a très peu de temps morts.
Etes-vous un bourreau du travail et prenez-vous tout ce que l’on vous propose ?
Je ne suis pas un bourreau de travail Philippe !
Il faut ce qu’il faut, 33 ans c’est tard pour commencer ce métier.
Les familles sont construites.
Je suis la première de la famille à choisir ce métier.
En exil de mon Aquitaine et de mes Amis, pour rencontrer des Maîtres et peaufiner l’apprentissage acquis par la pratique de plateau. Il me fallait apprendre la
technique.
Faite pour le théâtre qui ne m’ouvrait pas ou si peu ses portes, il me fallait apprendre la différence pour le cinéma, lui qui m’accueillait.
J’ai eu le bonheur de rencontrer … « secret ».
Mon entraînement avec lui me valut des étiquettes incroyables (quand on est un être sensé quelle belle boîte à outils !), complété par d’autres méthodes glanées et adaptées
à l’art du cinéma.
Le plus difficile maintenant, c’est d’obtenir des rôles.
Costumée en Gorgone pour le Camille Claudel de Bruno Nuyten...
le projet ne verra pas jour
Mais comme un danseur, un musicien, chaque jour je travaille mon instrument ; et grâce à un voyage de sept pièces de théâtre que j’ai écrites et jouées, j’ai découvert le
Conte …
Aujourd’hui conteuse, je soigne ma mémoire, la vivacité de l’esprit d’adaptation, la maîtrise de toute la structure du Conte, les personnages évoqués, simplement le trait
des caractères. C’est comme un peintre, quelques touches et c’est là.
Et pour mettre la vie au conte comme dans l’écriture Haïku avec toute la matière, ici les cinq sens.
Toujours en éveil et affûter l’instrument.
Il faut ce qu’il faut.
Jacques Deschamps, réalisateur de « Méfie-toi de l’eau qui dort » (Festival de Venise 1996) avec qui j’ai eu la joie de travailler, répondit un jour à cette question :
« C’est comment la vie d’être réalisateur ? »
« Tous les jours, tout le temps » me répondit-il.
Cela m’a rassurée.
Vous souhaitez savoir Philippe, si je prends tout ce que l’on me propose ?
Pour les courts-métrages, je choisis très serré.
Pour les longs …
Sauf des choses très antinomiques avec mes valeurs fondamentales.
Le reste, devoir trouver une justification face au rôle, s’il est vraiment abject.
Autrement, c’est pour l’aventure d’un film, d’une histoire, d’un capitaine de vaisseau (le réalisateur) et de son équipage.
Le lien est si important, de chaque maillon.
J’aime le corps – d’une équipe cinématographique comme une baleine contenant le tout.
C’est beau à pleurer.
A bout de souffle, du même souffle, tendu sur le même fil…
• A l’instar de Philippe Nahon, vous êtes à la fois présente dans de grosses productions (Amélie Poulain, Un long dimanche de fiançailles) et dans des
réalisations plus modestes (courts-métrages, télé).
Est-ce pour vous un passage obligé et nécessaire ?
Effectivement, c’est bien observé Philippe.
Mon cœur est au long…
Il y a, j’ai mémoire, « La nuit africaine » de Gérard Guillaume où je jouais avec Bernard Fresson (sur Antenne 2).
J’y tenais le rôle d’une mère maquerelle de la Bodega à Dakar.
J’étais habillée par les costumes de la SFP, somptueux.
Il y a de très belles choses en télévision.
Tout est apprentissage, dextérité.
La compétence, la rapidité, y être aussi bonne que dans un long-métrage.
Chaque plateau a son attrait.
Sans avoir été une passionnée de train électrique, j’avoue que les grues, les appareils sophistiqués avec lesquels on joue comme avec deux partenaires ou plus, et d’être
encore plus en harmonie avec une équipe, c’est un beau challenge.
Et un bonheur partagé quand on s’épuise et réussit ensemble.
C’est comme un chœur antique avec les protagonistes…
Photo de tournage de La Cité des enfants perdus
Photo de tournage de La Cité des enfants perdus
Photo prise durant Un long dimanche de fiançailles
• Comment alternez-vous vos passages sur les planches et devant la caméra ?
C’est la Vie qui choisit …
• Vous ne ressemblez à personne dans le paysage cinématographique français et personne ne vous ressemble.
Je prends cette phrase comme un compliment, mais ne la développerai pas …
Le mystère d’une rondeur insistante, fait que l’on doit s’aménager avec.
L’avantage, aucun réalisateur n’a le même fantasme.
C’est un avantage !
Il leur manque de mots à cette « dodue » …
Avec l’âge, cela devrait basculer et je devrais obtenir plus de seconds rôles, comme dans les films des années 50.
Maintenant, après les TAPAS de la trajectoire de Mme Frankie Pain, abordons le plat de résistance, et les raisons de cette interview : GASPAR NOÉ !
• Comment se retrouve-t-on embauchée par Gaspar Noé ?
Gaspar Noé fait partie de cette famille de réalisateurs à ne pas aimer les acteurs, et à préférer un mixte acteurs-non acteurs comme Kean Loach …
Pour le rôle de la patronne de la Villette, il avait envisagé et commencé avec une charmante belle dame brune, opulente et sensuelle.
Mais devant faire et refaire, après avoir tourné quelques scènes, il dut envisager une autre solution.
Le fichier électronique Claude Wolf, un très bon chasseur de têtes, qui avait déjà trouvé Philippe Nahon (si ma mémoire est exacte, depuis le temps …), a dirigé Gaspar Noé
vers moi.
Je le reçus dans une cour intérieure de la rue Ramponeau, dans ma maison entre deux arbres.
Je vous joins les photos.
Cour intérieure de la rue Ramponeau
Frankie au travail dans son ancienne cour
Frankie Pain dans son ancienne cour, par où arrivait Gaspar Noé
Frankie Pain à son bureau
Au travail
La rencontre était historique, le cadre ayant lui-même disparu aujourd’hui.
Au bureau, face à moi, au milieu de mes livres, manuscrits, dessins et tissus, il m’a raconté l’histoire de Carne, du boucher, de la patronne du bistrot, du boucher et de sa
fille, de la viande chevaline.
Gaspar était très précis.
Avec cette voix spécifique, cette voix de confidence, ses sourires, sa grande culture et son intelligence.
L’histoire m’a conquise, l’Etre aussi.
Dans mon Médoc, où je travaillais en action éducative en milieu ouvert, j’avais été en mission auprès d’enfants autistes ou ayant des formes déficitaires proches de
l’autisme et souffrant des suites d’inceste.
Je pouvais donc par ce rôle, servir l’art et m’engager dans une voie éthique.
Je pouvais prendre à bras le corps ce personnage différent de moi, dont Gaspar me sollicitait pour traiter son histoire.
Nous avons visité la garde-robe sur ses bases de recherches, et après qu’il m’eut remis quelques pages de chaque séquence, je me suis mise à penser, chercher, mesurer et
dessiner pour me mettre au diapason de Gaspar et de son histoire.
Essais : brune ou blonde pour le rôle ?
Essais de vêtement la veille de la rencontre avec Gaspar Noé
Janvier 1994 proposition d'habit pour la ptronne de bistrot
Ci-joint, quelques photos de mes dessins et aquarelles faits lors de mon travail préparatoire.
Carne et Seul contre Tous s’enchaînent.
dessins et aquarelles faits Par Frankie Pain lors de son travail préparatoire sur Carne
dessins et aquarelles faits Par Frankie Pain lors de son travail préparatoire sur Carne
dessins et aquarelles faits Par Frankie Pain lors de son travail préparatoire sur Carne
dessins et aquarelles faits Par Frankie Pain
lors de son travail préparatoire sur Carne
dessins et aquarelles faits Par Frankie Pain lors de son travail préparatoire sur Carne
Le temps, la vie, le lien permanent avec Gaspar.
Très souvent au téléphone nous parlions cinéma, et … droit de réserve.
Il fut mon maître dans mon peu de connaissances cinéphiliques, il m’initia à regarder, à entendre.
Je lui dois d’avoir marqué une ou deux générations de jeunes publics qui me manifestent respect et considération encore aujourd’hui.
C’est souvent l’occasion de tendres et très agréables échanges instructifs sur le cinéma.
Lors de rencontres au Forum de l’Image, dans la rue, les Festivals … partout dans le monde, en anglais, en espagnol, en japonais.
Il a éveillé mon sens critique, m’a encouragée à écrire mes pièces de théâtre.
Il fut quasiment le seul à avoir suivi les prémices de ma saga « Les fracasseries de Rose » dans le lieu « y a de la joie », mon laboratoire avec public du 20ème
arrondissement.
Les fracasseries de Rose
Les fracasseries de Rose
Les fracasseries de Rose
Les fracasseries de Rose - Les Marylin Marron
Les fracasseries de Rose - Les Marylin Marron
Souvent, il faisait référence à Albert Dupontel : ses spectacles.
Je ne révèle rien de secret, puisqu’il est à l’affiche de son troisième film « Irréversible ».
Malgré son plus jeune âge que le mien, Gaspar a eu une fonction paternelle pour moi, d’initiateur cinématographique.
• Aviez-vous vu « Tintarella di luna » et « Pulpe amère » ?
Non, je ne les avais pas vus.
• Je trouve la patronne de bistrot très castratrice.
Le ressentiez-vous ainsi ?
Vous savez, je travaille méthodiquement.
Un personnage, c’est comme un jeu de piste : il y a ce que dit le réalisateur, ses écrits et le dessin
A partir de là, j’explore et je pars à sa rencontre … la rencontre de nos différences.
Elle parle peu, elle est, elle agit.
J’observe dans mon environnement ou ailleurs, les êtres qui semblent le plus lui ressembler.
Frankie Pain entourée de deux amies
Femme de ménage de Frankie Pain
dans la cour de la rue ramponeau
Personnes hautes en couleur de la cour. Dessin de Frankie Pain en haut à gauche.
Personnes que Gaspar Noé devait croiser
en allant voir Frankie Pain.
Puis dans mon laboratoire, je reproduis, je délimite son cadre …et je m’immerge pour alors trouver ses pensées intérieures.
C’est ainsi que je découvre les petits détails de sa gestuelle, de ses dessous, de ses habits et de ce qu’elle fait dans ses différentes scènes.
Je découvre ses tics, ses mots et je les offre au réalisateur… Gaspar en l’occurrence.
Photo du tournage de Seul contre tous
C’était la première fois que j’avais à faire avec un personnage contemporain si différent de moi.
C’est comme cela que j’ai proposé à Gaspar mes dessous noirs, « le corps marqué » de la guêpière noire et les bas. Au moment de la scène du lit, où j’avais froissé la lettre
du boucher à sa fille pour la glisser entre mes seins.
Gaspar l’avait envisagée nue.
Pour moi, à ce moment précis, cette femme ne pouvait être qu’en position de force.
A partir de 30 ans, une femme ne se montre jamais nue.
Le baiser au boucher.
Là c’était l’actrice !
Photo du tournage de Seul contre tous
Je ne m’étais jamais trouvée en position de femme « la main panier du monsieur », sans que celui-ci soit en éclat.
Il n’y a évidemment, que quand on travaille en situation avec des acteurs de « l’Actors’ Studio » que cela se produit (cela m’est arrivé).
Mais la situation du rôle du boucher, dans la cave, picolant sa bouteille de Rhum, c’était vraiment pour l’actrice.
J’ai demandé qu’on aille chercher une carotte !
Je ne sais ce que l’accessoiriste a trouvé.
Cela nous a bien fait rire (certains).
Moi, j’avais pu faire mon premier baiser au cinéma … CUT.
Photo du tournage de Seul contre tous
Pour la scène de la cuisine, là aussi je la voyais en train de préparer le pot au feu, portant une gaine mémère, enceinte, ses projets accomplis, épluchant carottes et
oignons.
Pourquoi donc aurait-elle encore séduit le boucher.
Nous nous sommes mis d’accord avec Gaspar … j’ai eu mon oignon, ma carotte et il a pris ma tenue de mémère que j’avais apportée … et le reste (carte de réserve).
J’aime d’ailleurs cette quête du détail infime pour chacun.
Je cherche profondément la logique interne du personnage, pour offrir son adéquation avec le scénario, sa ligne de conduite avec ce qu’elle est.
Le reste appartient au réalisateur et au public.
• Est-ce jubilatoire de jouer l’excès à ce point ?
Oui.
J’aime le travail bien fait. Cela fait partie de mon éducation et de ce que m’ont enseigné mes maîtres, mes patrons.
A la ferme, soigner le bétail, réussir une greffe d’arbre fruitier, choisir l’étalon pour la jument ou le taureau pour le troupeau de vaches.
Avoir la belle qualité d’un cliché radiologique pour le diagnostic.
Faire des compléments d’exploration, pour accomplir avec tous les éléments nécessaires, une intervention chirurgicale.
Pour un rôle c’est pareil.
Le réalisateur a planté le cadre et l’on doit faire vivre ces personnages dans le meilleur épanouissement.
Ce qui est jubilatoire, c’est lorsque l’on observe le réalisateur et que dans ce que l’on a pu appréhender de lui, on sait en le regardant et en écoutant la respiration de
l’équipe, que c’est là dans la boîte. Et le cœur bat le temps de la Lili (2) et du poil au cadre.
Et qu’avec cela, on peut faire quelque chose de bien et que l’on a répondu à son fantasme.
En bonne hystérique, répondre à ce point au désir de l’autre est de l’ordre d’une très grande satisfaction, une forme d’EXTASE.
Exemple : la scène de la discorde avec Philippe. Ce plan-séquence NON ÉCRIT atteint son paroxysme – après rupture interne, la femme pleure son enfant, et comme un animal se
traîne à quatre pattes … Tous les ingrédients avaient été recherchés en moi en strates successives, quémandés dans ma minutieuse préparation d’un état
d’improvisation.
[J’avais besoin de savoir si le personnage était enceinte ou pas ; on n’est pas la même femme habitée de vie d’une progéniture].
Tous ces éléments sont venus en fondu et enchaîné à la première répétition et après 40 fois.
Le plan- séquence fut reproduit pour les besoins de la cause gasparienne.
[Sur cette scène quasi improvisée, je ne sais quel contre-transfert a parcouru l’échine neuronale de Gaspar, pour qu’il ait porté aux nues les qualités improvisatrices de
son acteur, et de ne pas avoir nommé les miennes !]
Mon reproche à Gaspar Noé concernant cette scène, c’est qu’il ne disait pas « Action ! ».
Et c’était très dur pour moi, de me lancer avec la charge intérieure que j’avais.
PAX
• Philippe Nahon et Blandine Lenoir me disaient qu’il y avait beaucoup de rires entre les prises.
En était-il de même pour vous ?
Mes liens étaient plus avec Martine ma mère.
Pour le reste, j’accomplissais la coiffure, le make-up et les raccords ; ce qui ne me laissait guère le temps de m’éparpiller entre les prises.
Détente et recharge de la différence entre le personnage et moi-même.
Cela faisait pas mal de choses à faire.
Frankie Pain en compagnie de Lucile, monteuse et scripte
Durant les temps morts, s’il y en avait, je cousais la layette du « futur enfant fiction ».
Cela me servait de paratonnerre ou de prise de terre ; ainsi j’élaguais le trop.
Je complétais le manque à la situation par mes petits cahiers de dessins ou d’écriture, que j’avais composés comme guides en cas de panne.
Proposition de Mère pour la patronne du bistrot,
mais qui ne fut pas retenue par Gaspar Noé
• Le cinéma n’est-il pas qu’un jeu, en dépit des apparences ?
Qu’un jeu ?… en dépit des apparences !
Un jour, dans « La maison des Bernardas » de Garcia Lorca, je jouais le rôle de Magdalena.
Le jour de la Première, le public était à un mètre de moi, de nous … je le sentais ailleurs du personnage chaque soir.
Je réinterrogerais chaque scène, j’interrogeais le metteur en scène, et nous n’arrivions pas à comprendre.
Je relisais Lorca, d’autres pièces de lui pour comprendre la résistance sur ce personnage …
Je refaisais la liste d’un sociogramme sur la famille, les sœurs …
Au bout d’un moment de cette assiduité, le public m’accompagna par son regard dans l’histoire.
Un soir j’ai trouvé et j’étais tranquille.
Le metteur en scène, après une grosse bouderie, m’avait accordé ma trouvaille.
C’était là.
Revenons à Gaspar.
Concernant les apparences il faut que les pions du jeu soient à leur place.
Il y a une anecdote de taille entre Gaspar et moi, qui a facilement duré six mois.
Un point de son synopsis concernant la patronne était illogique compte tenu du personnage …
Ce dernier, la patronne, perdait sa logique.
Alors j’ai refusé de jouer la suite. J’allais trahir tous ceux qui avaient cru à la femme de « Carne ».
Mon compagnon de l’époque, me voyant fort dépitée après cet incident majeur […].
Je lui raconte, il convient de ma justesse, j’avais confiance en lui.
Son savoir longuement éprouvé dans des chaires d’ethnologie du monde entier lui fit me répondre : « Ma chérie, c’est toi qui porte le corps, le tout du personnage, c’est toi
qui seras fautive. On ne te pardonnera pas d’avoir coupé le rêve ou en l’occurrence le cauchemar ». C’est comme en mathématiques, on aime bien avoir la preuve par deux
».
Ce point-obstacle du personnage, je l’ai intégré après.
Mais entre temps, le boucher avait roué de coups son ventre « enceint », et l’enfant pouvait être mort.
Ce point-là, à ce moment-là pouvait exister, car il s’agissait d’une mère et de sa progéniture.
• Sur photo, vous semblez heureuse de vivre.
Je suis d’une nature joviale, primesautière.
Certains aléas peuvent me toucher très fort, comme le manque de travail et la trahison.
Mon sourire est alors en berne.
• Si tel est le cas, que pensez-vous du Cinéma très sombre de Gaspar Noé ?
Il traite de points de réalité, de points de réel et comme chacun sait, c’est non symbolisable.
Cela a sa raison d’être et l’on peut « trépasser ».
• Est-ce un univers dans lequel il est facile de se glisser et en ressort-on sans « bleus » ?
Gaspar accompagne ses acteurs.
C’était un sacré challenge pour son équipe et lui-même.
Car la réalisation, l’éclosion, le montage, la sortie de « Carne » et de « Seul contre tous » a duré très longtemps.
Beaucoup d’essentiel, de justesse, de simplicité, de présence.
Alors forcément, on a le plaisir d’être là avec ce qu’on a à y faire.
Le plus dur après, c’est la séparation.
Couper le cordon, le deuil à faire, digérer certains stigmates et leurs conséquences.
La perte d’un lien, d’une complicité subtile, comme pour toutes les grandes histoires.
Voilà, si l’on peut parler de bleus à l’Ame.
• Vous avez été psycho-pédagogue au CHR de Bordeaux. Cette activité vous a-t-elle été utile dans votre métier de comédienne ? Si oui, pouvez-vous nous en dire
plus ?
C’est en étant responsable de radiologie pendant quelques années, que s’est ouvert en moi le désir de découvrir l’Etre au-delà de son anatomie, dans les miasmes de sa
psychologie.
Sans oublier l’apport de mes études à l’université en Sciences Humaines.
Lacan disait : « Ce qui compte c’est l’art, la psychologie c’est après ».
Lorsque Frankie Pain s'occupait d'enfants
J’ai eu le bonheur de commencer avec des professeurs très exigeants, passionnés, engagés dans leurs travaux sur l’Etre, autant que peuvent l’être certains réalisateurs pour
leur Art.
Ayant un spectre très large dans les fantasmes des réalisateurs, j’ai aujourd’hui, après des années d’apprentissage au cinéma, la faculté de passer très rapidement d’un rôle
à l’autre assez justement et sans trop de difficultés.
Après c’est el Maestro qui, son œil d’aigle rivé sur l’écran de contrôle (un Combo je crois), me dirige et crée avec moi de clap en clap, la dernière prise.
Je viens de tourner sous la direction de Djamel Bensallah « Il était une fois dans l’oued ».
Un rôle rapide et terrible.
Un rôle quasi historique dans ce qu’il contient… il n’est pas fini.
• Quelle fut votre réaction lorsque vous avez vu le court et le long métrage pour la première
Fois ?
Le choc des monologues du rôle tenu par Philippe Nahon !
Si je les avais lus avant de jouer … je ne sais pas si j’aurais accepté.
Je n’aurais pas pu …
Pour le reste, c’était une histoire, ce n’était pas moi et c’est l’histoire du film de Gaspar.
Je suis fière de mon travail.
Il y a une adéquation entre ce que j’avais voulu faire et ce qui a été pris et monté.
Après la sortie de Carne,
Frankie Pain fut envahie d'appels téléphoniques de fétichistes
lui demandant ses mesures pour lui envoyer
des costumes en latex et des bottes spéciales !
• Votre travail avec Gaspar Noé fut-il un tournant dans votre carrière, et si oui, dans quelle
Mesure ?
J’avais fait deux essais pour le rôle de Madame Tapioca dans « Delicatessen » de Caro et Jean-Pierre Jeunet, mais cela n’a pas abouti. Après la sortie de « Carne »,
Caro et Jeunet ont demandé à Gaspar si je pouvais jouer dans « La cité des enfants perdus », le rôle de la maîtresse du dompteur de puces. Gaspar a accepté.
Je l’ai donc fait.
Après « Carne », Gaspar s’amusait à dire à Jean-Pierre Jeunet et à Caro, en parlant de moi :
« Vous ne l’avez pas voulue, eh bien c’est moi qui l’ai eue ! ».
Puis vint la rencontre avec Christophe Gans et « Le pacte des loups ».
J’y jouais une mère maquerelle.
Tout cela fait référence dans le métier.
Un tournant ?
Cela m’a ouvert des portes … et fermé d’autres.
La vie coule.
J’aime être dans les films d’auteurs.
• Auriez-vous aimé participer à « Irréversible » ?
Non.
Le sujet est trop hard.
Maintenant, je me sens prête à aller le voir.
La distribution était parfaite, il ne pouvait pas y en avoir d’autre.
• Que pensez-vous de ce film, et y retrouvez-vous la patte de Gaspar Noé ?
Sans l’avoir vu, j’ai tout suivi : presse, Cannes, les interviews des protagonistes.
Bien sûr, on doit y retrouver la « patte » et les qualités de réalisateur de Gaspar.
• Seriez-vous partante pour une nouvelle collaboration ?
OUI !
• Pensez-vous que le Temps détruise tout ?
Je pense que le temps désaffective les choses, et laisse en place la vraie valeur des liens qui se sont tissés entre les Etres.
Gaspar fait partie de ma géographie humaine.
Le reste n’est qu’affaire de quête initiatique, de passages obligés …
L’univers de Dante est au-dessus de certaines têtes, comme son texte sur l’Enfer :
« Quand on rentre ici, il n’y a plus d’espoir ».
Une anecdote oubliée, c’est l’avant-première de « Seul contre tous » au Max Linder
Un monde
Pour honorer le film de Gaspar, je m’étais habillée dans un camaïeu de rouge-violet
Aucune place ne m’avait été réservée.
Alors je demande à quelques amis de se débrouiller pour m’en trouver une.
Une amie y arrive :
- « Monsieur, la place est libre ? C’est une des actrices et elle n’en a pas »
- « Oui » le visage très en réserve du Monsieur.
Ma copine m’annonce le « oui », j’arrive heureuse de me poser.
Il y avait beaucoup de pression, d’excitation, d’attente … et j’entends de celui qui m’accueillait à côté de lui :
- « Frankie Pain ? »
- « Oui. Mais ne seriez-vous pas Mathieu Kassovitz ? »
- « Si …mais c’est vous ? Mais vous n’êtes pas la femme monstrueuse que j’attendais ! »
Il prit le temps d’appréhender encore le morceau de chair au visage de poupée, aux cheveux blonds ondulés lâchés sur les épaules, découvrant mon sourire.
Je voyais dans ses yeux kaléidoscopiques beaucoup de choses se dérouler.
En me regardant — la Surprise, l’étonnement.
Je le félicitais de ses talents de réalisateur et d’acteur; j’aimais l’un et l’autre.
Il fit de même pour moi, pour l’actrice… nous étions comme deux premiers communiants
Nous nous souhaitâmes bon film.
Il m’arrivait de pleurer à certains passages, Mathieu mettait alors sa main sur mon bras et me disait :
- « Frankie, ce n’est qu’un film »
Ensuite, nous nous sommes retrouvés au café et il a osé me demander mon âge.
Je lui ai répondu en rougissant… c’était un regard chaleureux qui avait été nettoyé d’un certain nombre de scories.
Nous nous sommes croisés après, lui tournant Gare de l’Est sur Amélie Poulain, moi venant faire mes essais de costumes, de coiffure… une bise furtive.
C’était des clins d’œil.
Après la sortie d’Amélie Poulain, je le vouvoyais — il s’en offusquait.
Je lui dis :
- « Non, le vous c’est pour ceux qui m’ont emmenée dans le rêve »
Nous étions heureux du succès que l’on sentait poindre pour le film de Jean-pierre Jeunet
Ils s’aimaient tous ces êtres-là.
Je sais que Gaspar était très présent à la première projection-équipe du « Long dimanche de fiançailles » et à l’avant-première du 19 octobre.
Moi, je vais le découvrir aujourd’hui et je m’y prépare dès ce matin, après la fin.
Je suis ravie de vous offrir ce contenu, pour le public qui m’aime, m’attend et me guette.
Je suis une « femme d’Impasse journalistique »
Merci que votre Passion l’ait comblée.
J’ai répondu avec bonheur à cette interview, car j’ai croisé beaucoup de passionnés de Gaspar et de son Œuvre.
Et je suis heureuse que ses qualités cinématographiques créent autant de liens, malgré la teneur des sujets et la noirceur de notre époque.
Bonne continuation à votre site.
(1) Robeuse : Louée, journalière dans les châteaux, la robeuse avait pour tâche de confectionner les robes des saisons (printemps, été, automne et hiver)
des Maîtres du château et celles des événements : baptêmes, enterrements, mariages.
(2) Lili : En studio, étalonnage de la couleur pour l’unité de la lumière d’une scène… ce que je crois, utilisé dans le temps.
Remerciements à l’Agence Marceline Lenoir, sans laquelle cette interview n’aurait pas pu se faire.
Toute mon AFFECTION à Frankie Pain pour ce fantastique voyage au Cœur de son Histoire.
Mille et un mercis d’avoir passé ce temps à cet art du fragment.
Je n’oublierai jamais cet étonnant après-midi de Toussaint passé chez moi devant une tasse de thé, une somptueuse tarte aux pommes (rires !), la citrouille les Léonidas et
les coquilles
Merci pour votre confiance.
Un grand merci @ Mme Frankie Pain, @ l’Agence Marceline Lenoir et @ Philou
Tous les documents présentés ici appartiennent à la collection privée de Madame Pain.
Dédicace de Frankie Pain pour Le Temps Détruit Tout
Actrice depuis 1984
Métiers antérieurs : psycho-pédagogue enfance inadaptée en secteur de prévention
radiologie médicale au CHR de Bordeaux
Comédienne depuis 1972
RADIO
2004 France Culture Le Chat
Myron Nelson
2001 - France Culture Surpris par la nuit
Nouvelle vie mode d’emploi (Perec) de L. Quantin
Horizon FM 94,5
Co-animation avec Patrick Lopez pour le 20ème anniversaire
LONGS MÉTRAGES
2004 Le genre humain de Claude Lelouch
Rôle : la marchande de marrons
L’Américain de Patrick Timsit Rôle : femme de José Bové
Le plus long jour de fiançailles de JP Jeunet
Rôle : mère maquerelle
The head in the clouds de J Douigan
Rôle: prostituée
2001 - Le fabuleux destin d’Amélie Poulain
de Jean-Pierre JEUNET
Rôle : la marchande de journaux
Le Pacte des loups
de Christophe GANS
Rôle : mère maquerelle
1999 - Charmant garçon
de Patrick CHESNAY
1998 - Fin de soirée
de VITTAL DURAND Frères (court métrage)
(1er rôle) : bourgeoise anglaise cossue confrontée à un basic instinct
Comme un poisson hors de l’eau
de Hervé HADMAR
Rôle : La dame plage
Dobby bag
de Frédéric COMTET
Franck Spadone
de Richard BEAN
Seul contre tous
de Gaspar NOE
1er Prix à Cannes 1998
Semaine de la Critique
1er Rôle : la patronne du bistrot de La Villette
1997 - Tout baigne
de CORDIER et VAN HULKE (court métrage)
(1er rôle) : huis clos en baignoire Guy Pion
1996 - Amour et confusion
de BAROUDEY
Les Soeurs Soleil
de Jeannot SZWARC (écrit par Marie-Anne Chazel)
Rôle : une aristocrate - Professeur de gym - Panthère dans l’Arche de Noë
1995 - Méfie-toi de l’eau qui dort
de Jacques DESCHAMPS
(2 prix à Venise et 2 au Festival d’Arcachon)
(2ème rôle) : bourgeoise
1994 - Seul contre tous
de Gaspar NOE
(1er rôle) - sortie en 1999 -
1er Prix à Cannes 1998 Semaine de la Critique
Rôle : la patronne du bistrot de La Villette
La cité des enfants perdus
de Jean-Pierre JEUNET et Marc CARO
Rôle : la barmaid
Adultère, mode d’emploi
de Christine PASCALE
La véridique histoire de Mme Peltlet
de Camille de CASABIANCA
Rôle : la postière du Cusset dans les Landes, très olé olé
Un indien dans la ville
d’Hervé PALUD
1993 - Carne
de Gaspar NOE –
1er prix de la Semaine de la Critique
Les braqueuses -
Réalisateur : Jean-Paul SALOME
Pleine mer (pour Tokyo) -
Réalisateur : HIRIKAWA
(1er rôle)
Comment être malheureux et en jouir -
Réalisateur : E. URBIZU
Rôle : écrivain
La ville à vendre
de Jean-Pierre MOCKY
1988 - La salle de bain
de John LEVOLF
1987 - En toute innocence
d’Alain JOSSUA
1986 - Le miraculé
de Jean-Pierre MOCKY
L’agent trouble
de Jean-Pierre MOCKY
FILMS TÉLÉVISION
2004 Père et Maire de P Monnier et M Sarraute
Rôle : aubergiste et chef cuistot
2002 Le Pion
de Patrice MARTINEAU
sur France 2
2001 - Little aventure de big Philip
d’Hervé ALADMAR (1er role féminin)
2000 - Noël et après
de Daniel VIGNE
Rôle : boulangère basque
Micro-court
de Régine ABADIA
Rôle : présentatrice des courts métrages en sérial killer
Psy d’urgence - série - sur M 6
Rôle : la soeur d’un paranoïaque
Fiction 2000 sur France 2
Les routiers
de Marion SARRAUT
Rôle : patronne d’un restaurant de routiers
Le silence
TV en Asie de l’Est
(1er rôle féminin) : femme trompée qui pète les plombs
Pédagogie du français
BBC et Channel 4
(1er rôle) : mère de famille très épanouie, 2 enfants (pianiste et cantatrice)
1999 - Jacotte
de Charly BELLETO
Interview de Michel Muller + une série
sur Canal +
Les 7 couronnes de Goethe
Théâtre européen – sur Arte
Rôle : la femme de Goethe
1998 - La Tramontane
de Henri HELMAN
Rôle : Greta, la Marylin Monroe allemande, scène comique érotique
NAVARRO
Patrick JAMAIN
1997 - Le grand banc
de Hervé BASLE
Rôle : lavandière à St Pierre et Miquelon
Une grande bouchée d’amour
de Mikaëlla WATEAU
Rôle : marchande de champignons
1996 - Temps contre temps
de François BASSET
(2ème rôle) : bourgeoise bordelaise en quête du mari disparu
Les pisteurs
de Philippe MONNIER
Rôle : fleuriste de pompes funèbres arnaqueuse
Le crabe sur la banquette arrière
de Jean-Pierre VERGNE
Rôle : infirmière Jean-Paul Muel
1995 - Le docteur Sylvestre
de Christiane LEHERISSEY
(2ème rôle) : infirmière bloc opératoire urgence
1993 - Le bel horizon -
Réalisateur : Charles BINCH
Jules
Réalisateur : Christian PALLIGIANO
En suivant la Caillera - série NAVARRO
Réalisateur : Nicolas RIBOVSKI
1990 - Le fantôme de l’Opéra
de Tony RICHARDSON
sur France 2
Rôle : patronne du café concert et chanteuse
Les enfants de Lascaux
de Maurice BEUGNOT
sur France 2
Rôle : danseuse et chanteuse d’un cinéma ambulant
La nuit africaine
de Gérard GUILLAUME
1er rôle : mère maquerelle de la Bodéga à Dakar
1989 - Sur Canal + 3 short cuts
de Karl ZÉRO
Rôles : remake de Bagdad Café, une soeur Goetchell…
Le gang des tractions
de François ROSSINI
Série – René La Canne
Rôle : mère maquerelle, complice de René
Exploits (12 épisodes)
de Fabrice L’HOSPITALLIER
Rôle : super-Ginette, son mari super-Naze
Mythofolies (10 épisodes)
de Nino MONTY
Rôles : les déesses de l’Olympe – La fée Nergan
Sur TF1
Intrigues (3)
de Paul VECCHALLI
En cas de bonheur (10)
Sur FR3
Série Siménon (1)
de Gérard MORDILLAT
Série rose
de KUMEL
Sur M6
Série érotique
Rôles : la mère italienne, incestueuse
THÉÂTRE
2004 Festival Cité Danse Théâtre Jean Villar de Suresnes
de Monica Casadei, danse contemporaine
Les fantasmes des femmes féliniennes
Rôle : danse, auteur, actrice
Les adieux de Sarah Berbardt
M/S JA Canque
Rôle de Sarah
Antigone Sophocle
M/S E. Chaillou
Rôle du messager
Greek” de Berkoff
M/S E. Chaillou
Rôle de M’ma
“Agnès” de Catherine Anne
M/S E. Chaillou
Rôle de Agnès Adulte
2003 Quand le hip hop rencontre le cirque
M/S Monica CASABI
2001 30ème anniversaire du Théâtre National des Landes (Voyages à l’autre)
de Frankie PAIN
Les contes de la Pompette
de Frankie PAIN
Espace du possible à Meschers
Voyage dans le Tessin
de Frankie PAIN
pour les rencontres à la Cartoucherie 2001
Voyages à l’autre
de Frankie PAIN
1er rôle à Bordeaux
2000 - Fracasseries de Rose (5ème épisode)
de et par Frankie PAIN
Les Marylin Marrons
Version masculine
Rôle : Rose et la Pibale (Nourédine Aboud : Omar et Nini)
Les mots aux rideaux
co-auteur d’une équipe de 15. Projet DDTE et ANPE – Maria Dusheski, coach auteur
1999 - Fracasseries de Rose (3ème épisode)
de et par Frankie PAIN
Rôle : Rose de Pauillac avec Virginie Vignon
Les 7 couronnes de Goethe
de J.A. CANQUE, W. GROMMES, F. PAIN
Rôle : Christiane Vulpuis Von Goethe
1998 - Fracasseries de Rose (2ème épisode)
de et par Frankie PAIN
Rôle : Rose de Pauillac avec Georges Souchon
1997 - Fracasseries de Rose
de et par Frankie PAIN
Rôle : Rose de Pauillac avec Nourédine Aboud et Bernard Quental
La parenthèse de sang
de Soni LABOUTANSIE
Rôle : la mère africaine
1995 - Etat honteux
de Soni LABOUTANSIE
Festival d’AVIGNON - Théâtre des Carmes
1994 - Le médecin malgré lui
de MOLIERE
1993 - Pygmalion
de Bernard SHAW
au théâtre Hébertot
mis en scène par Bernard MURAT
avec Lambert Wilson et Sophie Marceau
1991 - La Société de chasse
de Thomas BERNHARD
Partenaires : Fabrice Lucchini, Eléonore Hirt, Jacques Daquemine
Rôle : la Princesse
GOETHE - HANKLE EURIPIDE - SOPHOCLE - PLATON - ALBEE - Tennessee WILLIAMS - Joe
ORTON – Frankie PAIN