Frankie Pain a incarné la femme du boucher (Philippe Nahon) dans Carne et Seul contre tous. Elle avait déjà accordé une interview à Philippe Lowinski pour le site en 2004. Il y a quelques mois, elle a retrouvé l'acteur fétiche de Gaspar Noé dans le court-métrage "Situation critique" de Boris Vassallo et Guillaume Mezzo avec Jean-Claude Dreyfus dans le rôle principal.

10 ans après le chef d'oeuvre de Gaspar Noé, retour direct et poétique sur la carrière d'un tempérament hors du commun.


L'interview par Philippe Lowinski


Plus de dix années se sont écoulées depuis Seul contre tous, et dix-sept depuis Carne ; avec le recul, que retenez-vous de ces expériences cinématographiques ?


Elles ont marqué le monde entier !
J’ai fait des essais avec les frères Coen pour Paris, je t’aime, et ai été sélectionnée alors que nous étions deux au « final ». Quand je suis entrée dans l’hôtel Hilton et que je me suis retrouvée face à Joël et Ethan, il étaient très enchantés de me rencontrer ; non pas pour les essais que j’avais faits, et qui étaient partis aux Etats-Unis, mais parce qu’ils avaient vu le film de Gaspar Noé. Bien sûr, je pense qu’ils avaient vu aussi Amélie Poulain… mais le choc qu’il y avait dans leurs yeux, étaient dû à Seul contre tous et Carne. Et d’ailleurs, ce sont les seuls réalisateurs qui m’aient choisie pour jouer un rôle de psychanalyste lacanienne, pour représenter la langue française et le Louvre.
Donc, grâce à cette reconnaissance du monde entier des films de Gaspar, je me suis parfois retrouvée dans des marchés, très loin, où des gens, des jeunes, me parlaient du film . Un jour, alors que j’achetais des entrecôtes de Sallers en compagnie de mon petit ami, deux Japonais sont venus m’interviewer et m’ont prise en photo ; ils étaient fous de joie, et mon ami ignorait que, à mes heures, je pouvais être une femme célèbre !
Régulièrement, des jeunes me parlent du film de Gaspar, de l’intérêt qu’ils lui portent.
Et c’est un phénomène qui traverse les générations…
Alors, évidemment, mon corps a changé, je me suis un petit peu arrondie, mais le film est toujours présent dans l’inconscient collectif ; c’est vraiment une grande référence ! Seul contre tous s’est transmis de générations de jeunes cinéphiles, en générations de jeunes cinéphiles. D’après moi, les premiers à être touchés occupent la tranche d’âge 22/30 ans ; et cela n’a pas changé ! Parfois, dans le métro, certains se retournent sur moi et rougissent de joie ! Ils me disent : « Quel bonheur de vous rencontrer Frankie Pain ! Vous n’auriez pas le temps de prendre un café ? ».


En l’espace d’un court (Carne) et  d’un long  métrage (SCT), Gaspar Noé vous a icônisée. Qu’est-ce que cela a changé dans votre carrière ? Quels sont les avantages et les inconvénients d’une telle place et d’une image aussi puissante ?


Je ne pourrais parler aujourd’hui que d’avantages ! S’il y eut des zones d’ombre, à un moment donné, je pense que c’était dû à nos points de vues divergents sur l’inceste, que certains hommes s’identifièrent à la diatribe du boucher dans Carne ; cela a fait dire un certain nombre de choses, mais ce n’est plus important d’y revenir .
La violence y était incommensurable, et j’avais beau savoir que ce n’était qu’un film, je disparaissais au plus vite, et cela surgissait n’importe où… Des happenings saignants, où les pulsions archaïques s’échappaient comme des hauts le cœur, des vomissements.
Un homme m’a confié avoir vaincu son impuissance face à la Femme, après s’être passé cent fois le film ! Après cela, il m’a envoyé des fleurs blanches pendant un an, et ce, sans jamais rien me demander en contrepartie.

Les gens ont été très marqués par ce qui s’est passé à Cannes lors de la sortie d’Irréversible en mai 2002. D’abord, j’ai eu droit à une tournante echappée de justesse grâce à la puissance de ma voix : j’ai poussé le « kiaï », le cri des samouraïs et les belles petites équipes et leur oizeau prés à s’envoler dans le lieu interdit, ils ont pris la poudre escampette ! Un Miracle ! 
Il y avait une recherche d’identification au personnage de Monica Bellucci et de moi « premier rôle » dans Seul contre tous ; j’ai été traquée par ces personnes.
C’était vraiment le résultat conjugué des réactions hystériques de la Presse, de ce film, du viol, et de mon interprétation dans le premier long métrage de Gaspar Noé. Ce fut une période très dangereuse pour moi ! J’en ai beaucoup souffert. D’autant qu’à ce moment-là, je n’avais pas de lien particulier avec Gaspar… Il ne s’est pas manifesté… Parallèlement à tout cela, il y a des gens qui, toujours à l’époque de Cannes, m’ont dit : « Seul contre tous sera LE film inoubliable ! »
Beaucoup de cinéphiles m’ont fait ce retour par rapport à Irréversible. Ce film, je n’ai pas eu le courage de le voir, eu égard à l’agression dont j’avais fait l’objet. Je ne pouvais pas. Et puis j’avais très peur, car je connais l’univers de Gaspar. J’ai tout suivi : les interviews, la Presse, etc… Donc, je m’attendais à des images très fortes. Concernant la Presse, on était dans le terrorisme intellectuel ! Je pense qu’un jour, je le louerai avec quelques amis ; je me ferai ce baptême.

Pour en revenir aux avantages et inconvénients d’un rôle aussi marqué, je vais vous raconter une petite anecdote vécue avec Christophe Gans pour Le Pacte des loups . Quand il m’a vue au maquillage, il a cru que j’étais atteinte de déficience, voire de débilité ! Il a donc demandé au maquilleur de me maquiller plus « puissamment » ! J’ai alors compris qu’il m’avait choisie sur un film, et non pas sur qui j’étais. Je suis allée le voir, on a mangé ensemble, et à un moment, je lui ai dit : «  Ecoutez Christophe, je ne sais pas ce qui se passe, mais j’ai l’impression que vous m’avez choisie sur le film de Gaspar, et non pas en fonction de qui je suis ». Il m’a dit : « C’est exact » . A cela je lui ai répondu : « Dans ce cas-là, on va partir du personnage de SCT, puisque je le connais très bien et que je sais le travail que j’ai fait sur moi pour lui donner vie. C’est d’ailleurs dans ce sens que j’appréhendais mon rôle dans Le Pacte des loups. La mère maquerelle du Pacte, c’est pour moi, un peu l’Irma de Jeunet ». C’était exactement le modèle qu’il avait en tête !!

Bref, SCT m’a toujours apporté des rôles de femmes fortes… Et puis après, il y avait suffisamment d’images dans le monde du cinéma, pour que l’on me propose des couleurs plus proches de ma véritable personnalité, comme par exemple mon rôle dans Amélie Poulain ; mais toujours avec une certaine pétulance, un côté gouailleur, vous voyez ce que je veux dire ! Mais quand même assez tendre. Une brave femme, quoi !


A l’occasion du tournage d’un court métrage, «  Situation critique » de Boris Vassallo, le couple mythique du cinéma français, Frankie Pain / Philippe Nahon, s’est reformé. Comment avez-vous vécu ces retrouvailles ?


D’abord je ne savais pas ! Boris et Guillaume (les réalisateurs) ne savaient pas eux non plus, ils n’avaient jamais vu SCT. Moi, lorsque j’ai aperçu Philippe Nahon, j’ai sauté de joie… et lui aussi ! Chose qui m’a énormément surprise, car lors du tournage de SCT, nos relations n’étaient pas aussi chaleureuses. Il avait des relations très tendres et douces avec sa fille (jouée par Blandine Lenoir), mais entre nous, ce n’était qu’une simple collaboration artistique ; nous n’étions pas dans l’effusion. Mais là, notre joie a explosé. Ce qui a beaucoup surpris Boris et Guillaume ! Philippe m’a prise dans ses bras, nous nous sommes embrassés, et je me suis mise à rigoler tellement je trouvais la situation drôle. Il retrouvait ma gouaille, et je ne savais pas qu’il m’appréciait autant, car il ne l’avait jamais manifesté. Durant le tournage, il a eu un regard extrêmement bon sur moi, ce qui était fort agréable, car il ne l’avait jamais eu… du moins, je ne l’avais pas du tout perçu. Je pense que lorsque nous tournions SCT, nous étions dans nos rôles à deux cents pour cent. Nos rapports étaient colorés de la psychologie de nos personnages… tout ceci était conforme. Retravailler avec Philippe était très bien, car les rapports que nous avions n’avaient rien à voir avec ceux précédemment cités. Cette fois-ci, il s’agissait de rapports heureux, d’amour, de complicité, et si cette femme avait toujours un peu d’ascendant sur son mari, cela se manifestait de façon affective et très compassionnelle (il était à la 31ème page, c’était triste !) ; c’est pour cela qu’elle décide de se mettre dans le coup, en devenant l’appât du crime, ainsi, son homme aura la 1ère page dans les journaux. Pour Philippe et moi, cette relation était toute nouvelle ! Jouer à contre-courant dans la violence de nos rapports, n’a pas dû être facile ni pour l’un ni pour l’autre, car nous ne l’avions jamais fait. On ne s’était jamais parlés… Pour moi, ce fut du pain béni que d’être dans ce lien-là avec Philippe. J’ai découvert des couleurs qu’il portait en lui, mais que je n’avais jamais captées. A ce moment-là, j’ai réalisé combien j’avais été seule sur le banc lors du tournage de SCT, mis à part le travail que nous avions effectué avec Gaspar. J’ai connu une grande douleur et une immense solitude à cette occasion. Il y a dans ce court-métrage une dimension réconciliatrice très importante : celle des personnages (le boucher et la patronne du bistrot) et celle des acteurs (Philippe et moi).
On a découvert La Dimension d’Amour !


Y avait-il une appréhension de votre part à tous les deux ?


Non, car nous ne savions pas que nous allions jouer ensemble. Nous ne l’avons appris que le jour J. Au début, Boris et Guillaume m’avaient trouvé un autre mari, et quand ils m’ont vue, ils se sont dits que, décidément, ça n’allait pas le faire ! Car le rapport des personnalités était déséquilibré, et pas suffisamment fort. Pour cette femme, il lui fallait un « morceau de choix », du poids face à elle, et ce n’était pas le cas…
Ils avaient aussi songé à un autre acteur (dont je tairai le nom) avec lequel j’avais déjà eu sept jours de tournage : une horreur ! Il ne m’avait jamais dit bonjour, poussant l’insulte jusqu’à ne pas me donner le regard lorsque l’on jouait face à la caméra. Cela me semblait risqué de nous mettre face à face dans un court-métrage. Il se trouve que cet homme a dit non, car il était en dépression ; cela ne s’est donc pas fait.

Pour parler d’autre chose, je pense que celui qui nous a mariés (Philippe et moi) pour ce court, est le même qui nous avait unis pour SCT : Claude Wolf du fichier électronique. Lorsque Boris et Guillaume lui ont parlé de Frankie Pain, tout de suite il a pensé à Philippe Nahon, et ce, sans évoquer notre passé cinématographique commun à tous les deux. Quand les garçons ont vu Philippe, ils ont immédiatement réalisé que cela pouvait et allait fonctionner ! Malheureusement, depuis, Claude Wolf est mort… c’était un grand Directeur de Casting qui a servi énormément de premiers films, de courts-métrages, et qui connaissait parfaitement tous les gens qui étaient chez lui. Et quand il proposait des rôles, il n’en proposait que quatre ou cinq, pas plus. C’était des choix qui collaient à chaque fois. Claude Wolf est le grand Ange qui a œuvré à la réconciliation Frankie Pain/Philippe Nahon. Cela me fait plaisir de l’évoquer avec vous dans cette interview, car la dernière fois que je l’ai vu ce fut lors de la présentation publique de Situation critique.
Pour en revenir à Philippe et moi, nous nous sommes retrouvés sur le Pacte des loups, et je pense que nous sommes un couple qui fonctionne sur des longs-métrages. Et je trouve dommage que les réalisateurs n’y pensent pas suffisamment, car on peut faire des choses importantes ensemble. Ceci est une autre histoire…
Avec un peu de chance, dans un énième remake de « La nuit des morts-vivants » ; je suis cynique et cela ne me ressemble pas ! Clap de fin, Señor !


Comment reprend-on une situation « conjugale cinématographique » après dix ans de séparation ?


Le plus simplement du monde ! J’ai travaillé mon personnage comme je le fais pour chaque rôle. J’ai vu que je retrouvais monsieur Dreyfus, et pour moi, ce fut à nouveau une plongée dans l’univers de Caro et Jeunet avec La cité des enfants perdus, où j’interprétais la femme du dompteur de puces. Et quand j’ai vu Nahon, ce fut comme une apothéose, car je me retrouvais dans une histoire au confluent de deux univers : celui de Jeunet et Caro, et celui de Gaspar Noé. Cela m’a beaucoup fait rire !


Si vous aviez su que vous alliez tourner avec Philippe Nahon, cela vous aurait-il desservi ? Auriez-vous travaillé le personnage différemment ?


J’aurais fait la même chose concernant la recherche de mon personnage ; mais compte tenu du grand silence qui s’était établi entre lui et moi après la sortie de SCT, j’aurais créé un antidote pour que la relation d’amour se passe bien. En d’autres termes, j’aurais appréhendé…


Durant le tournage de « Situation critique », aviez-vous en tête SCT, ou parveniez-vous à le chasser temporairement de votre esprit, afin d’éviter le copier-coller ?


Quand je prenais les carottes, c’était difficile pour moi de ne pas penser à celles que j’avais réclamées pour Carne, dans la scène du pot au feu et de la sodomie ! Mais cette fois-là, j’avais l’amour en moi pour mon bonhomme, nous n’étions plus dans un rapport de force et de haine.


Saviez-vous que Boris Vassallo n’avait jamais vu Carne et SCT ? C’est très troublant lorsque l’on découvre certains plans de « Situation critique » !


Je ne savais pas qu’il n’avait jamais vu ni Carne ni SCT, et que malgré tout, certains de ses plans rappelaient ceux de Gaspar. J’étais surtout obnubilée par la référence à Delicatessen. Je pense que Gaspar a influencé un certain nombre de jeunes réalisateurs, car ce sont des éponges, comme tous les artistes.
Dans ce que j’écris, je suis encore très marquée de mes référence, très empreinte, je dirai même, de Roland Barthes, Marguerite Yourcenar et d’autres, sans pour autant leur arriver à la cheville, et c’est vrai pour toutes mes lectures.
Henri Gougaud, ce grand conteur, dans les formes efficaces du récit, le temps imparti à chaque histoire, les métaphores… Et La langue d’Olivier Apert (auteur, poète librettiste) avec qui j’ai eu le bonheur de travailler chaque semaine en élève appliquée pour l’année 2008-2009 !
C’est aussi une manière d’apprendre le métier ! Il est vrai qu’après, il faut parvenir à se détacher pour trouver sa propre griffe, mais c’est un passage normal et presque obligé ; mais je ne me fais pas de soucis pour Guillaume et Boris. Sans qu’ils le sachent, à leur insu, Gaspar a dû les influencer, puisque moi je n’ai pas fait le lien, alors que pour vous c’était évident ! Ce qui veut dire que son souffle a gonflé les voiles de leur court-métrage, bien qu’ils n’aient jamais vu SCT.


Je vais vous montrer des photos du tournage de SCT qui apparaissent sur le site consacré à Gaspar Noé, LTDT. Qu’avez-vous envie de nous dire en les voyant ?


Que le temps a passé, que Gaspar était alors un tout petit jeune homme [commentaire de Philippe Lowinski : il était bien beau avec ses cheveux le bougre !], que moi aussi j’ai changé. J’étais très belle et je ne m’en rendais pas compte. Je suis émue de revoir Martine, celle qui jouait le rôle de ma mère. Il y a des techniciens que j’ai retrouvés sur des longs-métrages ; cela semble très lointain, comme faisant partie d’une autre vie…


Avez-vous revu Gaspar Noé, et si oui, dans quelle circonstance ? Quelle émotion avez-vous ressentie ?


Eh bien, je sortais d’un magasin où je venais de m’acheter un bâton de rouge à lèvres, du côté de Strasbourg-St-Denis, en vue du tournage du film de Jean-François Richet L’ennemi numéro un, consacré à Mesrine. Et sur qui je tombe en sortant de la boutique ? Sur Gaspar ! Je ne l’avais pas rencontré depuis SCT, lorsque nous avons défendu le film en 1998 à Namur. Je rougissais ! Je m’étais mis ce rouge à lèvres puisque j’allais jouer le rôle d’une vieille pute qui a réussi, et qui est propriétaire d’un bon bistrot dans le 15ème arrondissement. Sortant de là, je me retrouve devant un magasin de soutien-gorge, face à Gaspar Noé ! J’étais rougissante comme une jeune première ! Il a éclaté de rire et m’a dit :
« Dis donc, tu n’as pas changé ! »
Et ça, c’était très agréable. Son émotion était grande, et j’ai vu beaucoup d’amour dans ses yeux, beaucoup de joie… Il m’a donné son numéro de portable (ce qui est une preuve de grande confiance), et m’a dit de ne pas m’inquiéter pour le tournage, que monsieur Richet avait une expérience aux Etats-Unis ; bref, il a repris le rôle du Pater, de mon Papa cinématographique ! L’émotion était d’autant plus forte, que je venais de tenir le rôle d’une patronne de bistrot dans le film de Jean Becker Deux jours à tuer, aux côtés d’Albert Dupontel. Ce dernier avait énormément entendu parler de moi par Gaspar, mais nous ne nous étions jamais rencontrés. Mais quand il a vu que j’étais là, il est sorti de son rôle pour venir me saluer tout en rougissant, comme moi d’ailleurs. On était très émus de se connaître. Après, on n’osait plus se regarder, sauf par miroirs interposés ! Ce qui prouve bien que les acteurs peuvent être extrêmement timides.
Donc, ce fut l’occasion pour Gaspar, de me parler de son film au Japon, puis nous avons parlé aussi du travail de Lucille ; Lucille que j’ai eue après au téléphone… ce fut très agréable. On sentait que la vie avait maintenu un bon goût, et peaufiné notre appréciation réciproque.


Donc, là aussi, il y eut apaisement ?


Je crois que lorsque l’on est maître d’œuvre d’un film, il peut y avoir des développements un peu angoissants de la part d’un réalisateur. J’ai une forte personnalité, du moins je donne cette impression, mais je suis aussi une femme très fragile. Les gens qui n’ont pas confiance en eux en font toujours trop, ce qui, à cette époque, était le cas.
Aujourd’hui, je suis « tout court » !
Parfois, les gens ont tellement peur d’être débordés par moi (alors qu’ils ne savent pas quelle éducation j’ai, personne ne le sait vraiment), que du coup, ils me ferment la bouche ! J’ai remarqué cela aussi chez d’autres réalisateurs… je dégage pour eux des choses qui les effraient. Et je pense que c’est une des raisons pour lesquelles ils n’ont pas été plus curieux que cela. J’aimerais bien qu’ils aient un peu plus de courage ! Ceux qui ont peur d’être débordés par moi (je me répète !), développent des fantasmes « étouffe-chrétien », beaucoup ont sur leurs désirs, des hoquets d’anorexiques !
Quand les gens ont peur, on ne peut rien faire ; crever de « fin » car sans boulot…
Après y avoir consacré sa vie, difficile de se faire réengager dans les hôpitaux, mon diplôme n’est plus valable et l’enfance inadaptée : « Vous avez quitté le monde du réel pour les paillettes, eh bien, restez-y ! ».
Silence, hôpital !
Silence, on tourne…


Un grand merci à Mme Françoise "Frankie" Pain ainsi qu'à Philippe Lowinski


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Conversation avec Boris Vassallo, le réalisateur de « Situation Critique », avec Frankie Pain et Philippe Nahon.


L'interview par Philippe Lowinski.


Quel a été votre parcours artistique ?


J'ai commencé à vouloir réaliser des films lorsque j'ai arrêté mes études de mathématiques et d'informatique. Le problème est que je n'y connaissais rien ou très peu ; je me suis donc exercé, chez moi, avec des amis, à monter des films tournés en un soir. Voyant que je prenais tout ceci avec beaucoup de conviction, j'ai pris mon courage à deux mains, quitté mon Sud natal, et rejoint la capitale pour faire des études de cinéma. En trois ans, tout est allé très vite. J'ai enchaîné une dizaine de courts-métrages, dont "Situation Critique", film de fin d'étude, coréalisé avec Guillaume Lemezo. Depuis je coécris un autre court fantastique au côté de Tibaud Vaneck, et je débute l'écriture d'un premier long-métrage. Et ça, c'est une autre paire de manches.


Parlez-nous de la Genèse de « Situation Critique »


Situation Critique est un projet d'école. C'est un film adapté d'une nouvelle de Pierre Siniac, qui elle se déroule dans le futur. L'univers nous a tout de suite emballés. Le principe de critiques criminels et la façon détachée, presque "sportive" qu'ils ont de parler de meurtres commis par des stars du crime... Nous voulions faire un film inspiré de l'univers Caro et Jeunet, cette nouvelle était juste ce qu'il nous fallait.


Comment votre choix s’est-il porté sur Frankie Pain et Philippe Nahon ?


Nous avons tout d'abord contacté Jean Claude Dreyfus, pour le rôle principal, chose qu'il a accepté assez rapidement. J'avais eu la chance de rencontrer Frankie lors d'un casting dans le sud de la France quelques mois auparavant. La réflexion fut de très courte durée: j'ai soumis l'idée à Guillaume, nous avons contacté Frankie, une rencontre dans son merveilleux atelier de couture. Nous étions très flattés lorsqu'elle a accepté le rôle. Restait à trouver son mari. Trois jours avant le début du tournage, Agnès Giudicelli, costumière du film, me parle de Philippe avec qui elle travaille en ce moment. Nous lui avons envoyé par courrier le scénario, Philippe est passé sur le tournage lors de la première journée pour nous annoncer qu'il faisait le film. Le casting était complet.


Concernant le tournage, comment dirige-t-on d’aussi fortes personnalités lorsque l’on est si jeune ?


Ce sont de grands acteurs, et nous étions très impressionnés. Mais nous avons travaillé comme avec n'importe quel comédien. Si quelque chose ne nous convenait pas (ce qui était rare), nous n'hésitions pas à le dire. Ce fut un vrai plaisir de pouvoir diriger des acteurs de cette trempe, nous en avons énormément appris.


Vous n’avez découvert les films de Gaspar Noé que bien après. Comment expliquez-vous que le Destin vous ait fait réunir à nouveau ses deux acteurs fétiches ?


Je ne peux pas expliquer le Destin. En revanche je le remercie du fond du coeur. Peut être avons nous vu ce que Gaspar Noé a vu lorsqu'il les a rencontrés de son côté...


Et cette hallucinante scène d’épluchage de légumes qui renvoie à « Carne » sans que vous l’ayez voulu, comment est-elle née ?


Nous avions écrit une séquence dans une cuisine, où M. Cauchon (Philippe Nahon) et sa femme (Frankie Pain) découvrent l'article de journal descendant le crime commis par M. Cauchon la veille. Nous avons eu beaucoup de mal à trouver le décor adéquat. Pour cette raison, nous l'avons construit en studio. Lors du montage du décor, nous sommes arrivés avec Guillaume, à l'instant où la cuisine était en place sans les feuilles de décors. Nous avons donc pensé à une longue scène de cuisine avec Frankie pendant que Philippe lit l'article. Il nous fallait également un point de repère pour Frankie, de manière à la reconnaître par la suite en un seul coup d'oeil, d'où les pansements aux doigts. L'épluchage était donc une bonne solution pour la description du couple, ainsi que pour la narration.


Quelle a été votre réaction après le visionnage de « Carne » et « Seul contre tous » ?


J'ai d'abord été ému de revoir Frankie et Philippe dans une cuisine... Ensuite je les ai revus une seconde fois, puis une troisième. Ce sont deux films envoûtants.


Pensez-vous que « Situation critique » s’est écrit malgré vous, et que Quelqu’un d’autre que vous guidait votre plume ?


C'est possible, je ne me suis jamais posé la question. Dans tous les cas je pense que lorsque j'écris une histoire, les mots s'enchaînent les uns à la suite des autres. A nous de les canaliser en une histoire concise.


Viscéralement et artistiquement, comment réagissez-vous à l’univers de Gaspar Noé ?


Après le premier visionnage de "Irréversible", mes mains ont continué à trembler pendant dix bonnes minutes. Je suis allé me coucher directement. Ce n'est pas la dureté des images qui m'a touché, mais les questions soulevées par le film. J'y pense encore. Lorsque j'ai vu "Carne" et "Seul contre tous", j'étais déjà plus averti. Selon moi, et viscéralement parlant, Gaspar Noé est l'autopsie de nos gastro-entérites quotidiennes. Enfin je me comprends...


Avez-vous retravaillé avec Frankie Pain ou Philippe Nahon, et si oui, à quelle occasion ?


Je n'ai pas eu cette chance et je le regrette. Du moins je n'ai pas encore eu le projet qui me l'aurait permis.


Quelle est votre actualité, et quels sont vos projets ?


Je suis actuellement en écriture d'un court-métrage fantastique avec Thibaud Vaneck, un ami, et je débute l'écriture d'un long plus personnel sur le milieu de la prostitution à Marseille.


Si, par l’intermédiaire de notre site Le Temps Détruit Tout, vous souhaitiez faire une déclaration à Gaspar Noé, quelle serait-elle ?


Quand est-ce que tu viens manger à la maison ?


Un grand merci @ Boris Vassallo & Philippe Lowinski

Frankie Pain played the butcher's wife (Philippe Nahon) in Carne and Seul contre tous. She had already granted an interview to Philippe Lowinski for the site in 2004. A few months ago, she found Gaspar Noé's favorite actor in the short film "Situation Critique" byBoris Vassallo and Guillaume Mezzo with Jean-Claude Dreyfus in the main role.

10 years after Gaspar Noé's masterpiece, a direct and poetic return to the career of an extraordinary temperament.

Interview by Philippe Lowinski



More than ten years have passed since I Stand Alone, and seventeen since Carne; with hindsight, what do you retain from these cinematographic experiences?


They marked the whole world!

I did some tests with the Coen brothers for Paris, je t'aime, and was selected when there were two of us in the “final”. When I entered the Hilton hotel and found myself facing Joël and Ethan, they were delighted to meet me; not for the tests I had done, and which had gone to the United States, but because they had seen Gaspar Noé's film. Of course, I think they had also seen Amélie Poulain… but the shock in their eyes was due to I Stand Alone and Carne. And besides, they are the only directors who have chosen me to play the role of a Lacanian psychoanalyst, to represent the French language and the Louvre.

So, thanks to this worldwide recognition of Gaspar's films, I sometimes found myself in markets, very far away, where people, young people, told me about the film. One day, while I was buying Sallers steak with my boyfriend, two Japanese came to interview me and took a picture of me; they were overjoyed, and my friend didn't know that in my spare time I could be a famous woman!

Regularly, young people tell me about Gaspar's film and their interest in it.

And it is a phenomenon that crosses the generations ...

So, obviously, my body has changed, I rounded up a bit, but the film is still present in the collective unconscious; it is really a great reference! I Stand Alone has been passed down from generations of young cinephiles, to generations of young cinephiles. In my opinion, the first to be affected are in the 22/30 age group; and that has not changed! Sometimes in the metro, some people turn on me and blush with joy! They say to me: “What a joy to meet you Frankie Pain! You don't have time for a coffee? ".


In the space of a short (Carne) and a feature film (SCT), Gaspar Noé has iconized you. What has this changed in your career? What are the advantages and disadvantages of such a place and such a powerful image?


I could only speak of advantages today! If there were any gray areas, at one point I think it was due to our differing views on incest, that some men identified with the butcher's rant in Carne; that made a number of things say, but it is no longer important to come back to them.

The violence was immeasurable there, and I might know that it was only a film, I would disappear as quickly as possible, and it would appear anywhere ... Bleeding happenings, where archaic impulses escaped like highs the heart, vomiting.

A man confided to me that he had conquered his helplessness in the face of women, after having played the film a hundred times! After that, he sent me white flowers for a year, and never asked me for anything in return.

People were very marked by what happened in Cannes when Irréversible was released in May 2002. First, I had a narrow escape turn thanks to the power of my voice: j 'I pushed the "kiaï", the cry of the samurai and the beautiful little teams and their bird to fly into the forbidden place, they took flight! A miracle !

There was a search for identification with the character of Monica Bellucci and me "first role" in I Stand Alone; I was hunted down by these people.

It was really the combined result of the hysterical reactions of the Press, of this film, of the rape, and of my interpretation in the first feature film by Gaspar Noé. It was a very dangerous time for me! I suffered a lot from it. Especially since at that time, I had no particular link with Gaspar… He did not show up… Along with all this, there are people who, still at the time of Cannes, told me: "Alone against everyone will be THE unforgettable film!" "

A lot of moviegoers have given me this feedback on Irréversible. This film, I did not have the courage to see it, in view of the aggression to which I had been the object. I could not. And then I was very scared, because I know the world of Gaspar. I followed everything: the interviews, the press, etc ... So I expected very strong images. Regarding the press, we were in intellectual terrorism! I think that one day I will rent it with some friends; I will do this baptism for myself.

To come back to the advantages and disadvantages of such a marked role, I am going to tell you a little anecdote lived with Christophe Gans for Le Pacte des loups. When he saw me in makeup, he thought I was disabled, even debilitated! So he asked the make-up artist to apply more “powerful” make-up! I then understood that he had chosen me on a film, and not on who I was. I went to see him, we ate together, and at one point, I said to him: "Listen Christophe, I don't know what's going on, but I have the impression that you chose me on the film. of Gaspar, and not according to who I am ”. He said to me, “That's right”. To that I replied: "In this case, we will start from the character of SCT, since I know him very well and know the work I have done on myself to bring him to life. It is also in this sense that I understood my role in Le Pacte des loups. For me, the madam of the Pacte is a bit like the Irma of Jeunet ”. It was exactly the model he had in mind !!

In short, SCT has always brought me roles of strong women ... And then there were enough images in the world of cinema, so that I was offered colors closer to my real personality, for example my role in Amélie Poulain; but always with a certain petulance, a cheeky side, you know what I mean! But still quite tender. A good woman, what!


On the occasion of the shooting of a short film, "Situation Critique" by Boris Vassallo, the mythical couple of French cinema, Frankie Pain / Philippe Nahon, has reformed. How did you experience this reunion?


At first I did not know! Boris and Guillaume (the directors) didn't know either, they had never seen SCT. Me, when I saw Philippe Nahon, I jumped for joy… and him too! Something that surprised me enormously, because during the filming of SCT, our relations were not so warm. He had very tender and sweet relations with his daughter (played by Blandine Lenoir), but between us, it was only a simple artistic collaboration; we were not in the bestowal. But there, our joy exploded. What surprised Boris and Guillaume a lot! Philippe took me in his arms, we kissed, and I started laughing so much I found the situation funny. He was rediscovering my banter, and I didn't know he liked me so much, because he had never shown it. During the shooting, he had an extremely good look at me, which was very pleasant, because he had never had it… at least, I had not noticed it at all. I think when we were shooting SCT, we were in our roles two hundred percent. Our reports were colored with the psychology of our characters… all of this was consistent. Working again with Philippe was very good, because the reports we had had nothing to do with those previously mentioned. This time, it was about happy relationships, love, complicity, and if this woman still had a little ascendancy over her husband, it was manifested in an emotional and very compassionate way (he was in the 31st page, that was sad!); that's why she decides to get involved, by becoming the bait of crime, thus, her man will have the first page in the newspapers. For Philippe and me, this relationship was brand new! Playing against the grain in the violence of our relationships must not have been easy for either of them, because we had never done it before. We had never spoken ... For me, it was blessed bread to be in this bond with Philippe. I discovered colors that he carried within him, but that I had never caught. At that point, I realized how much I had been alone on the bench while filming SCT, aside from the work we had done with Gaspar. I experienced great pain and immense loneliness on this occasion. There is in this short film a very important reconciling dimension: that of the characters (the butcher and the owner of the bistro) and that of the actors (Philippe and me). Playing against the grain in the violence of our relationships must not have been easy for either of them, because we had never done it before. We had never spoken ... For me, it was blessed bread to be in this bond with Philippe. I discovered colors that he carried within him, but that I had never caught. At that point, I realized how much I had been alone on the bench while filming SCT, aside from the work we had done with Gaspar. I experienced great pain and immense loneliness on this occasion. There is in this short film a very important reconciling dimension: that of the characters (the butcher and the owner of the bistro) and that of the actors (Philippe and me). Playing against the grain in the violence of our relationships must not have been easy for either of them, because we had never done it before. We had never spoken ... For me, it was blessed bread to be in this bond with Philippe. I discovered colors that he carried within him, but that I had never caught. At that point, I realized how much I had been alone on the bench while filming SCT, aside from the work we had done with Gaspar. I experienced great pain and immense loneliness on this occasion. There is in this short film a very important reconciling dimension: that of the characters (the butcher and the owner of the bistro) and that of the actors (Philippe and me). We had never spoken ... For me, it was blessed bread to be in this bond with Philippe. I discovered colors that he carried within him, but that I had never caught. At that point, I realized how much I had been alone on the bench while filming SCT, aside from the work we had done with Gaspar. I experienced great pain and immense loneliness on this occasion. There is in this short film a very important reconciling dimension: that of the characters (the butcher and the owner of the bistro) and that of the actors (Philippe and me). We had never spoken ... For me, it was blessed bread to be in this bond with Philippe. I discovered colors that he carried within him, but that I had never caught. At that point, I realized how much I had been alone on the bench while filming SCT, aside from the work we had done with Gaspar. I experienced great pain and immense loneliness on this occasion. There is in this short film a very important reconciling dimension: that of the characters (the butcher and the owner of the bistro) and that of the actors (Philippe and me). I realized how much I had been alone on the bench while filming SCT, apart from the work we had done with Gaspar. I experienced great pain and immense loneliness on this occasion. There is in this short film a very important reconciling dimension: that of the characters (the butcher and the owner of the bistro) and that of the actors (Philippe and me). I realized how much I had been alone on the bench while filming SCT, apart from the work we had done with Gaspar. I experienced great pain and immense loneliness on this occasion. There is in this short film a very important reconciling dimension: that of the characters (the butcher and the owner of the bistro) and that of the actors (Philippe and me).

We discovered The Dimension of Love!


Was there any apprehension on your part?


No, because we didn't know we were going to play together. We only learned about it on D-day. At the beginning, Boris and Guillaume had found me another husband, and when they saw me, they said to themselves that it was definitely not going to do it! Because the relationship between personalities was unbalanced, and not strong enough. For this woman, he needed a "choice piece", weight in front of her, and it was not ...

They had also thought of another actor (whose name I will not mention) with whom I had already had seven days of filming: a horror! He had never said hello to me, insulting him so far as not to give me the look when we were playing in front of the camera. It seemed risky to put us face to face in a short film. It turns out that this man said no because he was in a depression; so it did not happen.

To talk about something else, I think the one who married us (Philippe and me) for this short, is the same who united us for SCT: Claude Wolf from the electronic file. When Boris and Guillaume spoke to him about Frankie Pain, he immediately thought of Philippe Nahon, without mentioning our common cinematographic past. When the boys saw Philippe, they immediately realized that it could and would work! Unfortunately, since then, Claude Wolf is dead… he was a great Casting Director who served a lot of first films, short films, and who knew perfectly all the people who were at home. And when he offered roles, he only offered four or five, no more. They were choices that stuck every time. Claude Wolf is the great Angel who worked for the Frankie Pain / Philippe Nahon reconciliation. I am pleased to talk about it with you in this interview, because the last time I saw it was during the public presentation of Situation Critique.

Coming back to Philippe and I, we ended up on The Wolf Pact, and I think we're a couple that works on feature films. And I think it's a shame that the directors don't think about it enough, because we can do important things together. This is another story…

With a little luck, in yet another remake of "Night of the Living Dead"; I am cynical and it does not look like me! End clap, Señor!


How do you resume a "cinematographic conjugal" situation after ten years of separation?


The simplest in the world ! I worked on my character as I do for each role. I saw that I found Monsieur Dreyfus, and for me, it was again a dive into the world of Caro and Jeunet with The City of Lost Children, where I played the wife of the flea tamer. And when I saw Nahon, it was like an apotheosis, because I found myself in a story at the confluence of two worlds: that of Jeunet and Caro, and that of Gaspar Noé. It made me laugh a lot!


If you had known that you were going to tour with Philippe Nahon, would that have served you? Would you have worked the character differently?


I would have done the same thing regarding the search for my character; but given the great silence that had established between him and me after leaving SCT, I would have created an antidote for the love relationship to go well. In other words, I would have apprehended ...


During the filming of "Situation Critique", did you have SCT in mind, or did you manage to temporarily banish it from your mind, in order to avoid copy and paste?


When I took the carrots, it was hard for me not to think about the ones I had asked for for Carne, in the pot au feu and sodomy scene! But this time, I had love in me for my boy, we were no longer in a relationship of strength and hatred.


Did you know that Boris Vassallo had never seen Carne and SCT? It is very disturbing when we discover certain “Critical Situation” shots!


I had no idea that he had never seen Carne or SCT, and that despite everything, some of his plans were reminiscent of Gaspar's. I was mostly obsessed with the reference to Delicatessen. I think Gaspar influenced a number of young directors, because they are sponges, like all artists.

In what I write, I am still very marked by my references, very imprint, I would even say, of Roland Barthes, Marguerite Yourcenar and others, without reaching their ankles, and this is true for all my readings.

Henri Gougaud, this great storyteller, in the effective forms of the story, the time allotted to each story, the metaphors ... And The language of Olivier Apert (author, poet librettist) with whom I had the pleasure of working every week in student applied for the year 2008-2009!

It is also a way to learn the trade! It is true that afterwards, you have to manage to detach yourself to find your own signature, but it is a normal and almost obligatory passage; but I don't worry about Guillaume and Boris. Without them knowing it, without their knowing it, Gaspar must have influenced them, since I did not make the connection, whereas for you it was obvious! Which means that his breath swelled the sails of their short film, although they had never seen SCT.


I'm going to show you some photos from the SCT shoot that appear on the Gaspar Noé, LTDT site. What do you want to tell us when you see them?


That time has passed, that Gaspar was then a very small young man [comment from Philippe Lowinski: he was very handsome with his hair the guy!], That I too have changed. I was very beautiful and I did not realize it. I am moved to see Martine again, the one who played the role of my mother. There are technicians that I have found on feature films; it seems very distant, as part of another life ...


Have you seen Gaspar Noé again, and if so, under what circumstances? What emotion did you feel?


Well, I was leaving a store where I had just bought myself a stick of lipstick, near Strasbourg-St-Denis, for the shooting of Jean-François Richet's film The enemy number one, dedicated in Mesrine. And who do I run into when I leave the store? On Gaspar! I had not met him since SCT, when we defended the film in 1998 in Namur. I was blushing! I put on this lipstick since I was going to play the role of a successful old whore who owns a good bistro in the 15th arrondissement. Coming out of there, I find myself in front of a bra store, facing Gaspar Noé! I was blushing like a young first! He burst out laughing and said:

“Hey, you haven't changed! "

And that was very pleasant. His emotion was great, and I saw a lot of love in his eyes, a lot of joy… He gave me his mobile number (which is a proof of great confidence), and told me not to worry about the shooting, that Mr. Richet had experience in the United States; in short, he took over the role of the Pater, of my cinematographic Papa! The emotion was all the stronger, as I had just played the role of a bistro owner in Jean Becker's film Two days to kill, alongside Albert Dupontel. The latter had heard a lot about me from Gaspar, but we had never met. But when he saw that I was there, he left his role to come and greet me while blushing, like me by the way. We were very moved to know each other. Afterwards, we no longer dared to look at each other, except by interposed mirrors! Which proves that actors can be extremely shy.

So this was the opportunity for Gaspar to talk to me about his film in Japan, then we also talked about Lucille's work; Lucille whom I had after on the phone… it was very pleasant. We felt that life had maintained a good taste, and honed our mutual appreciation.


So, there too, there was appeasement?


I believe that when you are the project manager of a film, there can be a little distressing developments on the part of a director. I have a strong personality, at least I give that impression, but I am also a very fragile woman. People who don't trust themselves always overdo it, which in those days was.

Today, I am "very short"!

Sometimes people are so afraid of being overwhelmed by me (when they don't know what education I have, no one really knows), that suddenly, they shut my mouth! I have noticed that in other directors too… I bring out things for them that frighten them. And I think that's one of the reasons they weren't more curious than that. I wish they had a little more courage! Those who are afraid of being overwhelmed by me (I repeat myself!), Develop “choking-Christian” fantasies, many have hiccups of anorexics on their desires!

When people are afraid, there is nothing we can do; to die of "end" because without a job ...

After having devoted your life to it, difficult to be rehired in hospitals, my diploma is no longer valid and childhood unsuitable: “You left the real world for the glitter, well, stay there! ".

Silence, hospital!

Silence is turned…


A big thank you to Mrs. Françoise "Frankie" Pain as well as to Philippe Lowinski

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Conversation with Boris Vassallo, the director of “Situation Critique”, with Frankie Pain and Philippe Nahon.

Interview by Philippe Lowinski.



What was your artistic journey?


I started wanting to make films when I left math and computer studies. The problem is that I knew nothing or very little about it; So I practiced, at home, with friends, to edit films shot in one evening. Seeing that I took all this with great conviction, I took my courage in both hands, left my native South, and went to the capital to study cinema. In three years, everything has gone very quickly. I did a dozen short films, including "Situation Critique", an end-of-study film, co-directed with Guillaume Lemezo. Since then I have co-written another fantastic short alongside Tibaud Vaneck, and I am starting to write a first feature film. And that is another kettle of fish.


Tell us about the Genesis of "Critical Situation"


Situation Critique is a school project. It is a film adapted from a short story by Pierre Siniac, which takes place in the future. The universe immediately wowed us. The principle of criminal criticism and the detached, almost "sporty" way they speak of murders committed by crime stars ... We wanted to make a film inspired by the Caro and Jeunet universe, this news was just that. that we needed.


How did you choose Frankie Pain and Philippe Nahon?


We first contacted Jean Claude Dreyfus for the lead role, something he accepted quite quickly. I had the chance to meet Frankie during a casting in the south of France a few months before. The reflection was of very short duration: I submitted the idea to Guillaume, we contacted Frankie, a meeting in his wonderful sewing workshop. We were very flattered when she accepted the role. It remained to find her husband. Three days before the start of filming, Agnès Giudicelli, costume designer for the film, talks to me about Philippe with whom she is working at the moment. We sent him the script by mail. Philippe went on the set on the first day to tell us that he was making the film. The casting was complete.


Regarding filming, how do you direct such strong personalities when you're so young?


They are great actors, and we were very impressed. But we worked like any other actor. If something didn't suit us (which was rare), we didn't hesitate to say so. It was a real pleasure to be able to direct actors of this caliber, we learned a lot from it.


You didn't discover Gaspar Noé's films until much later. How do you explain that Destiny made you reunite its two favorite actors again?


I can't explain Fate. On the other hand, I thank him from the bottom of my heart. Maybe we saw what Gaspar Noé saw when he met them on his side ...


And this hallucinating scene of peeling vegetables which refers to "Carne" without you having wanted it, how did it come about?


We had written a sequence in a kitchen, where Mr. Cauchon (Philippe Nahon) and his wife (Frankie Pain) discover the newspaper article describing the crime committed by Mr. Cauchon the day before. We had a lot of trouble finding the right decor. For this reason, we built it in the studio. When setting up the decor, we arrived with Guillaume, at the moment when the kitchen was in place without the decor sheets. So we thought of a long cooking scene with Frankie while Philippe reads the article. We also needed a landmark for Frankie, so we could recognize her later at a glance, hence the bandages on the fingers. Peeling was therefore a good solution for the description of the couple, as well as for the narration.


What was your reaction after watching "Carne" and "Seul contre tous"?


I was first moved to see Frankie and Philippe again in a kitchen ... Then I saw them a second time, then a third. These are two spellbinding films.


Do you think that “Critical Situation” was written in spite of you, and that Someone other than you was guiding your pen?


It's possible, I never asked myself the question. In any case I think that when I write a story, the words are linked one after the other. It's up to us to channel them into a concise story.


Viscerally and artistically, how do you react to the world of Gaspar Noé?


After the first viewing of "Irreversible", my hands continued to shake for a good ten minutes. I went to bed straight away. It was not the harshness of the images that touched me, but the questions raised by the film. I still think about it. When I saw "Carne" and "I Stand Alone", I was already more aware. In my opinion, and viscerally speaking, Gaspar Noé is the autopsy of our daily gastroenteritis. Finally I understand myself ...


Have you worked again with Frankie Pain or Philippe Nahon, and if so, on what occasion?


I was not so lucky and I regret it. At least I have not yet had the project that would have allowed me.


What is your news, and what are your projects?


I am currently writing a fantastic short film with Thibaud Vaneck, a friend, and I am starting to write a more personal feature on the world of prostitution in Marseille.


If, through our site Le Temps Détruit Tout, you wanted to make a declaration to Gaspar Noé, what would it be?

When do you come to eat at the house?


A big thank you @ Boris Vassallo & Philippe Lowinski

Frankie Pain (Partie 2)

Actrice

Actress

LOWINSKI, Philippe. Frankie Pain : Seul contre tous, 10 ans déjà. Le Temps Détruit Tout. [en ligne] Publié le 2 février 2009. Consultable à l'adresse : http://www.letempsdetruittout.net//interviews/frankie-pain-(partie-2)

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