Il est 14h30, Mick se présente chez moi. L’homme est puissant, le regard franc et direct… un troublant mélange d’animalité et d’humanité. Tel un Sphinx, il s’avance vers moi. Je ne sais que penser, tant le personnage est énigmatique et insondable. La poignée de main est ferme et virile… je suis tenté de la retenir. Par deux fois déjà, nous nous étions parlés au téléphone. Le tutoiement s’était naturellement installé entre nous, comme un préambule à la complicité amicale et intellectuelle qui devait suivre. Durant plus de deux heures et demie, nous avons parlé de lui, de la Vie, de sa Vie, de ses carrières, de toutes ces choses qui participent à la construction d’un être humain. Une petite partie du voile s’est donc levée… une partie seulement. Car derrière le roc se cache la faille, et cela n’appartient qu’à lui.


DISCUSSION AVEC MICK GONDOUIN


Ou l’indicible voyage au bout de l’Enfer…

Par Philippe "Philou" Lowinski


Comment as-tu été choisi par Gaspar Noé ?


J’ai été choisi par l’intermédiaire de Jo Prestia qui est un ami.
Et comme nous sommes boxeurs tous les deux, on est toujours restés en bon terme. Sur son conseil j’ai appelé l’assistant de Gaspar pour un rendez-vous et Gaspar m’a filmé pour un essai. Il fallait que je touche les couilles de Gaspar, que je l’embrasse*, que je me lâche complètement. Il voulait quelqu’un qui ait une gueule ! Jo m’avait dit « lâche-toi Mick ! »… ce que j’ai fait et j’ai eu le rôle.
Il y avait du monde sur ce rôle. Et quand on a fait le casting, j’étais loin d’imaginer l’effet produit  et les conséquences que ce film allait avoir. Cela a surpris tout le monde ! En fait Philippe, il n’y avait pratiquement pas de scénario et c’est cela qui était intéressant ; Gaspar voulait juste que l’on suive ses directives que l’on aille dans son sens, mais on pouvait quand même improviser ! Et c’est un énorme avantage, car dans un film comme cela, si on apprend un scénario ligne par ligne mot par mot, dans le mouvement et l’action on oublie.
Parce qu’il y a des scènes de sexe, des scènes de cul, que c’est violent et très animal. Donc la façon de parler ne va plus correspondre aux gestes. Gaspar nous a dit à Vincent, Jo et moi-même « on oublie le scénario, je vous laisse faire ». 
On s’est mis d’accord avec Vincent pour les bagarres,  avec Jo pour les placements et puis tout s’est bien passé.
Cela a été rapide… deux trois prises, pas plus.
Avec Vincent, on se connaissait car on avait déjà travaillé ensemble dans « La Milliardaire ». On a mis un petit peu les gants, car Vincent est un sportif  et il aime bien les sports de combats.
Quand cela se passe bien entre comédiens, qu’il n’y a pas de rapport de force, et que chacun sait ce qu’il a à faire, c’est formidable car on travaille tous les trois dans le même sens.

*ndr : si j’avais su tout cela, je me serais présenté pour le rôle !


Avais-tu une appréhension quant au lieu du tournage ?


Non pas du tout. Je n’ai pas peur de cela, car j’ai été videur de boîte pendant onze ans. J’ai rencontré des homos, chacun fait ce qu’il veut, chacun sa Croix sa merde à porter ! Je n’avais aucune appréhension à ce sujet, car je suis assez respectueux des gens. Ceux qui ont peur des homos ont peur d’eux mêmes. Ils ont peur d’une part d’eux mêmes qu’ils ne veulent pas connaître.
Quand on est arrivés Gaspar, Vincent, Albert, Monica et moi-même dans cet établissement, cela a jeté un froid ! On s’est dit « comment des être humains peuvent en arriver à se détruire à ce point ! ». Ce n’est pas péjoratif ce que je dis, ce n’est pas une critique, c’est toujours dans le respect des gens qui sont différents. Tout en bas de l’établissement, il y avait une espèce de hamac, je ne sais pas comment cela s’appelle… bref, nous nous demandions tous comment utiliser cet appareil. On pensait qu’il fallait s’allonger sur le dos ! Pas du tout ! Le propriétaire nous a expliqué que les gens s’allongeaient sur le ventre et que l’appareil bougeait de l’avant à l’arrière. Derrière il y a une porte avec un trou comme ça ! Ce qui m’a fait peur, c’est qu’il y avait des chaînes avec des poulies… et je me suis dit qu’il y avait un peu de sado-maso là-dedans !
En fait les personnes qui vont là, appartiennent à toutes les catégories sociales. Toutes les barrières tombent, et ils sont tout nus ! La question qui me préoccupait était la suivante : comment quelqu’un qui vient dans un lieu comme celui-ci, qui subit des violences incroyables, comment cette personne peut avoir des rapports avec sa femme ou son partenaire et transmettre certaines choses compte tenu qu’au départ il n’y a pas de préservatif ?
C’est cela qui me gêne, c’est l’irresponsabilité de certains… pour le reste, je reste ouvert à tout. Cela aurait très bien pu se passer dans un lieu échangiste hétérosexuel. Il faut arrêter de penser que le SIDA ne s’attrape que dans des endroits gay. Le virus n’a pas de préférence sexuelle ! J’ai travaillé sept ans comme aide-soignant dans un hôpital, et je peux te dire que j’ai vu beaucoup de jeunes qui n’étaient jamais allés dans une boîte gay et qui n’étaient pas homosexuels … et pourtant ils l’ont chopé !


Cette boite gay existe-t-elle réellement ?


Bien sûr, elle est juste derrière le Ministère de l’Intérieur dans le 8ème. Elle s’appelle le Banque Club. En fait c’est une ancienne banque désaffectée sur trois étages. J’ai revu le propriétaire il y a environ trois semaines, et il m’a dit qu’il avait tout fait refaire.


En plus des comédiens, étais-tu entouré de clients habituels ?


Oui  principalement. Et je pense que demander cela à des comédiens,  aurait été un peu compliqué. Même pour des comédiens du X, il aurait fallu répéter, répéter… 
Gaspar attendait avant tout certaines images et pas d’autres, il attendait certaines choses et pas d’autres. Donc il y avait un mélange de figurants et de quatre comédiens : Vincent, Jo, Albert et moi. Il y avait des clients habitués au lieu qui savaient quoi faire et à quel moment… même moi je n’aurais pas su le faire ! Si on m’avait demandé de me déshabiller et de me branler devant une caméra, je n’y serais pas arrivé. Autant monter sur un vélo et faire le facteur, je peux le faire… En fait, la caméra était un élément extérieur qui venait les surprendre dans des moments de folie. Et c’est là que Gaspar a été très intelligent et subtil : il les a laissés faire leurs trucs et il est venu les shooter avec sa caméra dans tous les côtés, tous les recoins.
Je pense qu’au montage, il dû couper certaines choses qui ne l’intéressaient pas, en prendre certaines autres etc… Je suis persuadé que la présence de la caméra était un élément excitant pour les figurants ! A un moment, il y a Vincent, Jo et moi et on entend Vincent qui gueule « il est où le Ténia ? ».
Et derrière, j’entends du bruit… c’était un mec qui se masturbait ! Je me retourne et lui dis « tu vas dégager, tu vas un peu plus loin ». Et cela recommencé … « va-t-en sinon ! ».
Tu vois, je n’étais pas en colère contre lui, j’étais en train de bosser mon truc dans ma tête et je n’avais pas besoin de cela.
En fait, nous étions les intrus dans leur univers ; mais paradoxalement, ils voulaient que nous les voyions, qu’on les reconnaisse comme êtres humains malgré toute cette folie ambiante.


Vous étiez-vous préparés auparavant en visitant certains saunas gay ?


Peut-être que Gaspar en avait visités d’autres, mais nous les comédiens non. Nous sommes allés directement au Banque Club. Comment était Gaspar au milieu de tout cela ? Il était bien, complètement dans son scénario, il dirigeait, allait et venait avec sa caméra, il était comme un poisson dans l’eau !
Même nous à un moment donné, on n’avait même plus l’impression que ces gens étaient là ! Parce qu’ensuite cela se passait entre Vincent Cassel, Dupontel et moi… donc, il arrive un moment où les éléments extérieurs n’existent plus, on les occulte complètement. Chacun était là pour son boulot.


J’ai une question toute bête et qui sans doute n’intéressera que moi !


Il n’y a pas de question stupide.


Durant un bref instant, on aperçoit Gaspar le zizi à l’air en train de se donner de la joie ! C’était réel ou bien trafiqué par ordinateur comme pour le pénis de Jo Prestia ?


Franchement, je ne sais pas… il faudra que je demande à Franck ! Gaspar est spécial, il fait ce qu’il veut quand il veut !

En tout cas, il avait l’air de bien se débrouiller ! Bref, c’était une petite question comme cela en passant… je lui demanderai lorsque je le verrai !


L’atmosphère est très confinée, les plafonds semblent très bas, as-tu souffert de claustrophobie et te fallait-il souvent remonter à la surface ?


Non, à aucun moment !


Ton personnage paye pour un autre. Quelle est pour toi la symbolique de ce dérapage du Destin ?


Cela prouve que même si la vengeance est humaine, elle est inutile ! On peut comprendre cette violence mais sans l’excuser… ce qui est intéressant c’est de voir comment l’Etre humain fonctionne. La vengeance est naturelle tout en étant condamnable. On l’a tous en nous… si quelqu’un tue un être que l’on aime, c’est une partie de nous-même qui est amputée.
Le Rectum c’est un voyage au cœur de l’homme, au cœur de la merde, au cœur de ce qu’il y a de pire en nous. Gaspar est allé mettre sa caméra là où personne ne l’avait jamais mise ! Il montre ce que l’on refuse de voir, il montre une partie de l’homme qui existe, il montre la vérité ! Alors dans la forme cela se discute, mais les choses sont ainsi. La nuit, les barrières sociales tombent tout naturellement. On croit connaître les gens, mais on peut tomber de haut ! Que sais-tu de ton fils, de ton voisin, de ton collègue lorsqu’ils enfilent leurs manteaux de nuit ? En fait, Gaspar a filmé Monsieur Tout-le-Monde mais la nuit.


Peux-tu nous raconter dans le détail, le tournage de la scène de l’extincteur et de ses préparatifs ?


Déjà ils ont fabriqué un moule de mon visage et de mon cou.
C’est la réplique exacte du visage et de son expression. On te laisse tout cela sur la figure le temps que ça sèche… ça rend un peu claustro ! Ils en ont fait trois en tout. Après avoir cassé le bras de Vincent, je me retourne et c’est là que l’extincteur arrive. Les trois premiers coups d’extincteur, c’est moi ! La première séquence s’est mal passée, car le sol était recouvert d’un tatami dur, et la tête ne rebondissait pas. Pour en revenir aux trois premiers coups, je dois préciser que l’extincteur avait 20 centimètres de mousse et je le prenais vraiment sur le visage ! Je jouais vraiment l’expression du mec qui reçoit les coups. Et après je me pousse, et ils installent un mannequin avec ma coiffure et mes fringues. Et là, c’était vraiment dégueulasse ! Même les figurants qui voyaient Dupontel s’acharner, se demandaient quand cela allait s’arrêter. Quand j’ai revu les images il y a une huitaine de jours chez Franck (donc plus de deux ans après le tournage !) je me suis dit « mais putain, qu’est-ce qui m’arrive, pourquoi il s’acharne autant ! »


As-tu été sidéré du résultat à l’écran et de son hyper réalisme ?


La surprise a été énorme, je ne m’attendais pas du tout à cela! C’est comme pour le casting, quand on l’a fait nous étions loin d’imaginer l’impact du film. Si à ce moment-là on m’avait dit tu vas casser le bras de Vincent, sortir ton sexe, te faire éclater la gueule par Dupontel avec un extincteur, j’aurais pensé que c’était un truc de fous ! C’est la surprise totale… Moi j’aime bien. Et je ne dis pas cela parce que j’ai un rôle fracassant, mais tout simplement parce que c’est une réalité ! Il suffit d’aller dans certains coins de Paris la nuit pour s’en apercevoir. Moi j’ai vu Porte de Champerret, des partouzes dans un camion ! Je croyais que c’était des figurants, eh bien non ! Les mecs étaient d’une violence inouïe entre eux !


Cette scène fut tournée en combien de temps ?


Quinze minutes, pas plus.


Tu te bats avec Vincent Cassel ; as-tu une formation sportive de haut niveau comme Jo Prestia ?


Gaspar Noé avait fait déplacer des cascadeurs pour régler les bagarres. Avec Vincent on les a regardés, et nous nous sommes dits « c’est pas possible, on va tourner dans un endroit de nuit on sera les uns sur les autres et ça ne pourra pas aller ». On a donc réglé les bagarres tous les deux ; quelque chose de simple, pas de karaté, pas de boxe.
Sinon j’ai été champion de France de karaté,  champion de France de boxe américaine, j’ai fait un peu de cascades, et j’ai aussi été spécialisé en protection rapprochée. Je suis éducateur sportif et donne des cours de self-defense pour les femmes. Les femmes prennent ce genre de cours pour se défendre dans la rue, parce qu’elles voient ce qui se passe à la télévision. Mais plus dramatique encore, il y a celles qui veulent se défendre contre leurs maris ! Le matin elles disent qu’elles vont faire du sport et en fait elles viennent prendre des cours d’auto-défense.


Comment se déroule un tournage avec Gaspar Noé ? Est-il très directif ? Sait-il très précisément le résultat qu’il souhaite obtenir à l’écran ? Vos suggestions (si vous en aviez) étaient-elles les bienvenues ?


Gaspar Noé te convoque avec tous les comédiens, il t’explique ce qu’il veut et ce qu’il ne veut pas. Ce qui est bien avec lui, c’est qu’il te laisse improviser dès lors que tu restes dans le cadre qu’il a défini. Il n’est pas chiant ! Du moment qu’il a ce qu’il veut, qu’il entend ce qu’il veut entendre et qu’il voit ce qu’il souhaite voir, il n’est pas chiant ! Il est ouvert à toutes propositions, il écoute ce qu’on lui dit et si cela peut nourrir le personnage, il est preneur.


Était-ce ta première apparition à l’écran ?


En fait, cela fait dix ans que je suis dans le métier. Ma première apparition a été dans «Select Hôtel», puis «Zonzon» qui traite des conditions de vie dans les prisons françaises. Ces deux films sont de Laurent Bouhnik, avec qui j’ai aussi tourné « Madeleine 1999 » et « 24 heures de la vie d’une femme » dans lequel je donnais la réplique à Michel Serrault.
Et puis en octobre 2004, sortira le nouveau Jean-Pierre Jeunet « Un long dimanche de fiançailles ». Pour la télé, je n’ai pas beaucoup tourné… et pour être franc avec toi, cela me casse les couilles ! On n’a pas le temps de tourner, c’est l’usine. Pour en revenir au cinéma, j’ai joué avec Jo Prestia dans « Les cantiques de la racaille » de Vincent Ravalec. Sans oublier « Irréversible » ! Là, on vient de tourner un court-métrage avec l’ami de Gaspar Noé, Franck Giordanengo… Ce court est d'une violence inouïe.


Quelles furent les réactions de ceux qui t’ont reconnu dans la rue ?


Certains m’ont demandé si j’avais pris un abonnement chez Doliprane !! Sinon, les réactions étaient partagées. A-t-on le droit ou pas de montrer de telles images ? On pourrait aussi se poser cette question concernant le Journal de 20 heures… car là ce n’est pas du cinéma !
« Irréversible » dérange, mais les gens ont envie de voir. C’est très troublant, car cela fait appel à une part malsaine de notre esprit… on se cache le visage pour ne pas voir les images, et en même temps on écarte les doigts pour les apercevoir. Comme dans le film « Tesis » avec Eduardo Noriega !
Je crois qu’il faut tout montrer de la vie, sans fards, sans artifices, tout simplement mais avec talent. J’ai été élevé dans la violence, j’ai grandi là-dedans, je suis quelqu’un de très libertin, j’ai beaucoup vécu… alors pour moi, tout cela n’est pas choquant !


Pour en revenir au tournage, quels étaient vos rapports avec des pointures comme Vincent Cassel, Albert Dupontel ou Jo Prestia ?


Avec Vincent Cassel, très bons rapports car nous nous étions déjà rencontrés sur « La milliardaire » ; il n’y a pas eu de rivalité. Avec Jo Prestia c’était pareil, on avait déjà tourné ensemble, réglé nos bagarres nous-mêmes… et puis nous sommes amis dans la vie. Avec Dupontel, aucun souci. J’ai rarement eu des problèmes sur un tournage ; à part une fois sur un  « Navarro », j’ai mis une tarte dans la gueule à un mec, il est parti en ambulance ! Il m’avait manqué de respect et je ne savais pas que c’était le fils du réalisateur !


Lors dun entretien accordé à notre site, Jean-Louis Costes se plaignait du manque de professionnalisme d’Albert Dupontel.


Je n’ai pas été témoin de cela. Et je suis un peu surpris, car l’année dernière, on était ensemble durant une semaine pour le film de Jean-Pierre Jeunet et je n’ai pas eu ce sentiment.


Pourquoi as-tu accepté ce rôle ?


Tout simplement parce que je suis comédien et que je dois tout accepter. Si ce rôle a été une carte de visite ? Non, mais tous les gens qui me connaissent savent que je fais partie de l’une des deux scènes choc du film. Cela ne m’a pas encore ouvert d’autres portes professionnelles, mais cela peut venir !
Mon gros défaut, c’est que je ne fréquente pas le milieu. Je ne suis pas tous les quinze jours à faire 300 Kms pour des castings… ça me casse les couilles ! Si on me veut, eh bien que l’on vienne me chercher !


As-tu vu « Carne » et «Seul contre tous » ?


Pas encore !


Je vais te prêter les DVD ! Cette collaboration avec Gaspar Noé, t’a-t-elle donné envie de remettre cela ?


Absolument, et quel que soit le projet… les yeux fermés !


Tu cites souvent Laurent Bouhnik, quelle place occupe-t-il dans ta vie ?


Une place prépondérante ! C’est lui qui m’a tout appris de mon métier de comédien. Grâce à lui, j’ai su comment me placer et me comporter devant une caméra. Il m’a fait tourner dans tous ses longs métrages et pour moi cette confiance n’a pas de prix ! Tu te rends compte qu’il m’a confié Anouk Aimée dans « Madeleine 1999 » ! Grâce à lui, j’ai donné la réplique à Michel Serrault dans « 24 heures de la vie d’une femme » ! Dès notre première collaboration dans « Select Hôtel », ce gars génial m’a pris dans ses bras et sous son aile protectrice. Dans le cinéma, il est mon Mentor ! Je lui dois tout et ma reconnaissance est éternelle.


Un immense merci @ Mick Gondouin pour sa gentillesse, sa générosité, sa disponibilité ainsi que pour tous les documents qu'il a bien voulu nous prêter.

Un grand merci @ Philou

Remerciement spécial @ Jo Prestia


Filmographie de Mick Gondouin :


CINÉMA

— Mona et Moi   (Patrick GRANDPERRET)
— Le Souper  (Edouard MOLINARO)
— J'ai pas sommeil   (Claire DENIS)
— Select Hotel   (Laurent BOUHNIK)
— Les Cantiques de la Racaille   (Vincent RAVALEC)
— Zonzon   (Laurent BOUHNIK)
— 1999 Madeleine   (Laurent BOUHNIK)
— Félix et Lola   (Patrice LECONTE)
— Irréversible   (Gaspar NOÉ)
— 24 Heures de la vie d'une Femme   (Laurent BOUHNIK)
— Bullit et Riper (Eric LARTIGAU)

TÉLÉVISION

— Les Hordes   (Jean-Claude MISSIAEN)
— Secret Défense   (Jacques RIVETTE)
— La Milliardaire   (Jacques ERTAUD)
— Les Dessous de la Passion  (Jean MARBOEUF)
— Navarro    
— Riviera    
— Affaire d'Honneur   (Carola DIETRICH)
— Commissaire Moulin   (Jean Louis DANIEL)
— Recherche Famille Désespérée   (François LUCIANI)
— Fort Navarro   (Nicolas RIBOWSKI)
— Scavenger   (Nicolas MATHIEU et Grégoire GLACHAUT)

It's 2:30 p.m., Mick shows up at my place. The man is powerful, the gaze frank and direct ... a disturbing mixture of animality and humanity. Like a Sphinx, he walks towards me. I do not know what to think, as the character is enigmatic and unfathomable. The handshake is firm and manly… I am tempted to hold it back. Twice already, we had spoken on the phone. The familiarity had naturally settled between us, like a preamble to the friendly and intellectual complicity that was to follow. For more than two and a half hours, we talked about him, about Life, about his Life, about his careers, about all these things that participate in the construction of a human being. A small part of the veil has therefore been lifted… only a part. Because behind the rock hides the fault, and that belongs only to him.

DISCUSSION WITH MICK GONDOUIN

Or the unspeakable journey to the end of Hell ...

By Philippe "Philou" Lowinski



How were you chosen by Gaspar Noé?


I was chosen through Jo Prestia who is a friend.

And since we are both boxers, we have always stayed on good terms. On his advice I called Gaspar's assistant for a meeting and Gaspar filmed me for a test. I had to touch Gaspar's balls, kiss him *, let go completely. He wanted someone with a mouth! Jo had told me "let go Mick!" »… What I did and I got the part.

There were a lot of people on this role. And when we did the casting, I was far from imagining the effect produced and the consequences that this film was going to have. It surprised everyone! In fact Philippe, there was hardly any script and that is what was interesting; Gaspar just wanted us to follow his guidelines and go his way, but we could still improvise! And that's a huge advantage, because in a film like this, if you learn a script line by line word by word, in movement and action you forget.

Because there are sex scenes, sex scenes, it's violent and very animalistic. So the way of speaking will no longer correspond to the gestures. Gaspar told us to Vincent, Jo and myself "we forget the scenario, I'll let you do it".

We agreed with Vincent for the fights, with Jo for the placements and then everything went well.

It was quick… two three takes, no more.

With Vincent, we knew each other because we had already worked together in "La Milliardaire". We put on the gloves a bit, because Vincent is a sportsman and he likes combat sports.

When things go well between actors, when there is no balance of power, and everyone knows what to do, it's great because the three of us are working in the same direction.

* ndr: if I had known all this, I would have presented myself for the role!


Did you have any apprehension about the location of the shooting?


Not at all. I'm not afraid of that, because I was a club bouncer for eleven years. I have met homos, each one does what he wants, each his cross his own shit to wear! I had no apprehension about it, as I am quite respectful of people. Those who are afraid of homosexuals are afraid of themselves. They are afraid of a part of themselves which they do not want to know.

When we arrived Gaspar, Vincent, Albert, Monica and myself at this establishment, it was very cold! We said to ourselves "how human beings can come to destroy themselves to this point!" ". It is not pejorative what I say, it is not a criticism, it is always in the respect of people who are different. At the bottom of the establishment, there was a kind of hammock, I don't know what it's called… anyway, we were all wondering how to use this device. We thought we had to lie on your back! Not at all ! The owner explained to us that people lay on their stomachs and the device moved front to back. Behind there is a door with a hole like this! What scared me

In fact the people who go there belong to all social categories. All the barriers come down, and they are all naked! The question I was concerned about was: how can someone who comes to a place like this, who experiences incredible violence, how can that person have sex with their wife or partner and pass on certain things given that initially there is no condom?

That's what bothers me, it's the irresponsibility of some ... for the rest, I remain open to anything. It could very well have happened in a heterosexual swinger venue. We have to stop thinking that AIDS can only be caught in gay places. The virus has no sexual preference! I worked for seven years as a nurse's aide in a hospital, and I can tell you that I saw a lot of young people who had never been to a gay club and who weren't homosexual… and yet they did. have nabbed!


Does this gay club really exist?


Of course, she's right behind the Home Office in the 8th. It's called the Bank Club. In fact it is an old disused bank on three floors. I saw the owner again about three weeks ago, and he told me he had everything redone.


In addition to the actors, were you surrounded by regular clients?


Mainly yes. And I think asking that of actors, would have been a bit complicated. Even for porn actors, it would have been necessary to rehearse, rehearse ...

Gaspar waited above all for certain images and not others, he waited for certain things and not others. So there was a mix of extras and four actors: Vincent, Jo, Albert and me. There were customers accustomed to the place who knew what to do and when… even I would not have known how to do it! If I had been asked to undress and jerk off in front of a camera, I wouldn't have done it. I might as well get on a bike and be the postman, I can do it… In fact, the camera was an external element that came to surprise them in moments of madness. And that's where Gaspar was very clever and subtle: he let them do their stuff and he came to shoot them with his camera in all directions, all corners.

I think during the editing, he had to cut some things that did not interest him, take some others etc… I am convinced that the presence of the camera was an exciting element for the extras! At one point, there is Vincent, Jo and me and we hear Vincent yelling "where is the Tapeworm?" ".

And behind, I hear noise… it was a guy who was masturbating! I turn around and say "you are going to get out, you are going a little further". And it started again… "Go away otherwise!" ".

See, I wasn't mad at him, I was working my thing in my head and I didn't need this.

In fact, we were the intruders in their universe; but paradoxically, they wanted us to see them, to be recognized as human beings despite all this surrounding madness.


Have you prepared yourself before by visiting some gay saunas?


Maybe Gaspar had visited others, but we actors haven't. We went straight to the Bank Club. How was Gaspar in the midst of it all? He was good, completely in his script, he was directing, coming and going with his camera, he was like a fish in water!

Even us at one point, we didn't even feel like these people were there! Because then it happened between Vincent Cassel, Dupontel and me… so, there comes a time when the external elements no longer exist, they are completely hidden. Everyone was there for their job.


I have a very silly question which will undoubtedly only interest me!


There is no such thing as a stupid question.


For a brief moment, we see Gaspar the zizi in the air giving himself joy! Was it real or was it computerized like Jo Prestia's penis?


Frankly, I don't know… I'll have to ask Franck! Gaspar is special, he does what he wants when he wants!

In any case, he seemed to be doing well! Anyway, it was a little question like that in passing… I'll ask him when I see him!


The atmosphere is very confined, the ceilings seem very low, have you suffered from claustrophobia and did you often have to come to the surface?


No, at no time!


Your character pays for another. What is for you the symbolism of this slippage of Destiny?


This proves that while revenge is human, it is useless! We can understand this violence but without excusing it… what is interesting is to see how the Human Being works. Revenge is natural while being reprehensible. We all have it within us… if someone kills someone we love, it's a part of us that is amputated.

The Rectum is a journey to the heart of man, to the heart of shit, to the heart of what is worst in us. Gaspar went to put his camera where no one had ever put it! It shows what you refuse to see, it shows a part of the man that exists, it shows the truth! So in the form it is debatable, but it is so. At night, social barriers fall naturally. You think you know people, but you can fall from a height! What do you know about your son, your neighbor, your colleague when they put on their night coats? In fact, Gaspar filmed Monsieur Tout-le-Monde but at night.


Can you tell us in detail the shooting of the fire extinguisher scene and its preparations?


They have already made a mold of my face and my neck.

It is the exact replica of the face and its expression. We leave all of this on your face while it dries ... it makes you a little claustro! They made three in all. After breaking Vincent's arm, I turn around and that's where the extinguisher comes in. The first three shots of the extinguisher, it's me! The first sequence went badly, because the ground was covered with a hard mat, and the head did not bounce. To come back to the first three shots, I must specify that the extinguisher had 20 centimeters of foam and I was really taking it on the face! I was really playing the expression of the guy who takes the blows. And then I push myself, and they install a mannequin with my hairstyle and my clothes. And there it was really disgusting! Even the extras who saw Dupontel fighting, wondered when this was going to end. When I saw the images again a week or so at Franck's (so more than two years after the shooting!) I said to myself "but damn, what is happening to me, why is he so insistent? so much ! "


Were you flabbergasted by the on-screen result and its hyper realism?


The surprise was huge, I didn't expect that at all! It's like the casting, when we did it we were far from imagining the impact of the film. If at that moment I had been told you were going to break Vincent's arm, take out your cock, get your mouth popped by Dupontel with a fire extinguisher, I would have thought it was crazy! It's a total surprise… I like it. And I am not saying this because I have a shattering role, but quite simply because it is a reality! You just have to go to certain corners of Paris at night to notice it. I saw Porte de Champerret, orgy in a truck! I thought they were extras, well no! The guys were incredibly violent between them!


How long was this scene shot?


Fifteen minutes, no more.


You fight with Vincent Cassel; do you have a high level sports training like Jo Prestia?


Gaspar Noé had stuntmen moved to settle the fights. With Vincent we looked at them, and we said to ourselves "it's not possible, we are going to shoot in a place at night, we will be on top of each other and it will not be possible". So we settled the fights together; something simple, no karate, no boxing.

Otherwise I was French karate champion, French American boxing champion, I did a bit of stunts, and I also specialized in close protection. I am a sports educator and give self-defense lessons for women. Women take these kinds of lessons to defend themselves in the streets, because they see what is happening on television. But more dramatic still, there are those who want to defend themselves against their husbands! In the morning they say they are going to play sports and in fact they come to take self-defense lessons.


How does a shoot with Gaspar Noé go? Is he very directive? Does he know very precisely the result he wants to obtain on the screen? Were your suggestions (if you had any) welcome?


Gaspar Noé summons you with all the actors, he explains to you what he wants and what he doesn't want. What is good about him is that he lets you improvise as soon as you stay within the framework he has defined. It is not boring! As long as he has what he wants, that he hears what he wants to hear and that he sees what he wants to see, he is not boring! He is open to all proposals, he listens to what is said to him and if that can feed the character, he is a taker.


Was this your first appearance on the screen?


In fact, I've been in the business for ten years. My first appearance was in “Select Hôtel”, then “Zonzon” which deals with living conditions in French prisons. These two films are by Laurent Bouhnik, with whom I also shot "Madeleine 1999" and "24 heures de la vie d'une femme" in which I gave the answer to Michel Serrault.

And then in October 2004, the new Jean-Pierre Jeunet "A long engagement Sunday" will be released. For TV, I didn't shoot a lot… and to be honest with you, it breaks my balls! We don't have time to shoot, it's the factory. To come back to the cinema, I played with Jo Prestia in "Les cantiques de la racaille" by Vincent Ravalec. Without forgetting "Irreversible"! There, we just shot a short film with Gaspar Noé's friend, Franck Giordanengo… This short is incredibly violent.


What were the reactions of those who recognized you in the street?


Some asked me if I had taken a subscription with Doliprane !! Otherwise, reactions were mixed. Do we have the right or not to show such images? One could also ask this question concerning the Newspaper of 8 pm… because there it is not cinema!

“Irreversible” disturbs, but people want to see. It's very disturbing, because it appeals to an unhealthy part of our mind… we hide our faces so as not to see the images, and at the same time we spread our fingers to see them. Like in the movie “Tesis” with Eduardo Noriega!

I believe in showing everything of life, without make-up, without artifice, quite simply but with talent. I was brought up in violence, I grew up in it, I am a very libertine person, I have lived a lot… so for me, all this is not shocking!


Coming back to the shooting, what were your relationships with big names like Vincent Cassel, Albert Dupontel or Jo Prestia?


With Vincent Cassel, very good relations because we had already met on “The billionaire”; there was no rivalry. With Jo Prestia it was the same, we had already toured together, settled our fights ourselves… and then we are friends in life. With Dupontel, no worries. I rarely had any problems on set; except once on a "Navarro", I put a pie in the face of a guy, he left in an ambulance! He had disrespected me and I didn't know he was the director's son!


During an interview granted to our site, Jean-Louis Costes complained about Albert Dupontel's lack of professionalism.

I did not witness this. And I'm a little surprised, because last year, we were together for a week for Jean-Pierre Jeunet's film and I didn't have that feeling.


Why did you accept this role?


Quite simply because I am an actor and I have to accept everything. What if this role was a business card? No, but everyone who knows me knows I'm in one of the film's two shock scenes. It hasn't opened any other professional doors for me yet, but it can come!

My big fault is that I don't go to the community. I am not every two weeks to do 300 km for castings… it breaks my balls! If they want me, well come and get me!


Have you seen "Carne" and "I Stand Alone"?


Not yet !


I'll lend you the DVDs! Did this collaboration with Gaspar Noé make you want to do it again?


Absolutely, and whatever the project ... with your eyes closed!


You often quote Laurent Bouhnik, what place does he occupy in your life?


A preponderant place! He was the one who taught me everything about my profession as an actor. Thanks to him, I knew how to position myself and behave in front of a camera. He made me shoot in all his feature films and for me this confidence is priceless! Do you realize that he gave me Anouk Aimée in "Madeleine 1999"! Thanks to him, I gave the reply to Michel Serrault in "24 heures de la vie d'une femme"! From our first collaboration in “Select Hotel”, this brilliant guy took me in his arms and under his protective wing. In the cinema, he is my Mentor! I owe him everything and my gratitude is eternal.

A huge thank you @ Mick Gondouin for his kindness, his generosity, his availability as well as for all the documents he was kind enough to lend us.


A big thank you @ Philou

Special thanks @ Jo Prestia


Filmography of Mick Gondouin:

MOVIE THEATER

- Mona and Me (Patrick GRANDPERRET)

- The Supper (Edouard MOLINARO)

- I'm not sleepy (Claire DENIS)

- Select Hotel (Laurent BOUHNIK)

- The Canticles of the Scum (Vincent RAVALEC)

- Zonzon (Laurent BOUHNIK)

- 1999 Madeleine (Laurent BOUHNIK)

- Félix and Lola (Patrice LECONTE)

- Irreversible (Gaspar NOÉ)

- 24 Hours of the Life of a Woman (Laurent BOUHNIK)

- Bullit and Riper (Eric LARTIGAU)

TELEVISION

- The Hordes (Jean-Claude MISSIAEN)

- Secret Defense (Jacques RIVETTE)

- The Billionaire (Jacques ERTAUD)

- The Underside of the Passion (Jean MARBOEUF)

- Navarro

- Riviera

- Affair of Honor (Carola DIETRICH)

- Commissioner Moulin (Jean Louis DANIEL)

- Desperate Family Search (François LUCIANI)

- Fort Navarro (Nicolas RIBOWSKI)

- Scavenger (Nicolas MATHIEU and Grégoire GLACHAUT)

Mick Gondouin

Acteur et sportif

Actor, sportsman

LOWINSKI, Philippe. Discussion avec Mick Gondouin. Le Temps Détruit Tout. [en ligne] Publié le 26 mars 2004. Consultable à l'adresse : http://www.letempsdetruittout.net/interviews/mick-gondouin

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